Robert le Diable Polygonia C Album
Les papillons

Le Robert le Diable, le papillon au caractère bien trempé

Le papillon Robert le Diable : rien que son nom intrigue. Entre diable et papillon, on pourrait croire à une blague. Et pourtant, ce Lépidoptère existe bel et bien, avec un look spectaculaire qui attire immanquablement le regard.

On l’appelle aussi le papillon C blanc, à cause d’une petite marque blanche en forme de “C” qu’il arbore sous ses ailes. Un signe distinctif qui, avec ses ailes découpées comme de la dentelle, en fait l’un des papillons les plus originaux de nos contrées.

Qui est Robert le diable ?

Comment le reconnaître ?

Sa taille : C’est un papillon de taille moyenne. Son envergure se situe entre 22 et 25mm. La femelle est un peu plus grande que le mâle, mais cela est difficilement repérable à l'œil nu.

Des couleurs flamboyantes

  • Ailes ouvertes : le fond est orange vif, décoré de larges taches brunes plus ou moins foncées, parfois soulignées de traces plus claires sur le bord des ailes.
  • Ailes fermées : elles prennent la couleur des feuilles mortes, dans des tons bruns, beige ou gris. C’est à ce moment qu’on peut observer la fameuse tache blanche en forme de C, signature du papillon Robert le Diable.

Et c’est cette silhouette “hachurée”, combinée au profil anguleux des ailes, qui aurait inspiré le nom de “Robert le Diable”. Au Moyen Âge, le diable était souvent représenté avec un nez crochu et des contours effilés, ce qui rappelle la forme repliée de ses ailes. L’anecdote est savoureuse pour un papillon aussi élégant !

Polygonia C Album avec sa tache blanche
Polygonia C Album avec sa tache blanche

Où rencontrer Robert le diable ?

Le Robert le Diable est un papillon diurne, actif dès que le soleil pointe son nez. On peut le croiser dans une grande variété de milieux naturels, et même en milieu urbain, pour peu que quelques fleurs l’y attirent.

Ses lieux de prédilection

  • Les clairières ensoleillées et lisières de forêts
  • Les prairies fleuries
  • Les jardins, même en ville
  • Les friches et talus ensoleillés
  • Les haies ou vieux vergers où il trouve à se réfugier

Autant dire que ce papillon ne boude pas son plaisir quand il s’agit de visiter les coins fleuris. En plus d’être joli, le Robert le Diable est un pollinisateur efficace. À force de papillonner de fleur en fleur pour aspirer le nectar, il transporte le pollen et contribue ainsi à la fécondation des plantes.

Que mange t’il et comment se nourrit il ?

Comme tous ses cousins Lépidoptères, le Robert le Diable se nourrit principalement de nectar. Il apprécie particulièrement :

  • Le lierre en fleurs en automne
  • Les ronces
  • Les fleurs de verger
  • Les asters, buddléias, et autres plantes mellifères

Mais ce papillon ne se contente pas toujours du nectar. Il lui arrive de se nourrir de sève coulant des arbres blessés, de fruits trop mûrs ou même d’excréments ou de cadavres d’animaux, riches en sels minéraux essentiels. Une habitude qui peut surprendre mais qui est vitale pour combler ses besoins nutritionnels.

La trompe du papillon, un outil pour se nourrir !

Le Robert le Diable, comme tous les papillons, est équipé d’une trompe : une sorte de longue paille souple, enroulée en spirale sous sa tête quand il ne s’en sert pas. Lorsqu’il repère une fleur, il déroule cette trompe pour aller chercher le nectar tout au fond, là où d’autres insectes n’atteignent pas.

Grâce à cette paille vivante, il aspire le liquide sucré qui lui fournit l’énergie nécessaire pour voler, se reproduire et mener sa petite vie de papillon. Un vrai petit outil de précision !

Papillon Robert le Diable
Papillon Robert le Diable

Quand observer le papillon Robert le Diable ?

Son cycle de vie est fascinant. Contrairement à d’autres papillons qui passent l’hiver sous forme de chenille ou de chrysalide, le Robert le Diable hiverne à l’état adulte. C’est pourquoi on peut parfois l’apercevoir très tôt dans l’année, dès février si la météo est clémente, ou jusqu’en novembre si l’automne est doux.

Un cycle sur deux années

  • Printemps : les papillons qui ont survécu à l’hiver se réveillent et s’accouplent.
  • Été : les œufs éclosent, donnent naissance à des chenilles, puis à une nouvelle génération d’adultes.
  • Automne : la nouvelle génération vole jusqu’aux premiers froids avant de trouver un abri pour passer l’hiver.
  • Hiver : le papillon reste à l’état adulte, caché dans une haie, le lierre, un grenier ou même une vieille cabane de jardin.

La reproduction du Polygonia c-album

L’accouplement

Dès les premiers beaux jours, le Robert le Diable se met en quête d’une partenaire. Les mâles sont assez territoriaux et peuvent défendre farouchement leur coin favori contre d’autres prétendants.

Après l’accouplement, la femelle pond ses œufs un par un sur la face supérieure ou inférieure des plantes hôtes. Parmi celles-ci, on retrouve :

Ces plantes servent de nourriture aux futures chenilles. Une femelle peut pondre plusieurs centaines d’œufs au cours de sa vie. Ces œufs, minuscules, sont souvent difficiles à repérer.

Chenille du papillon Robert le Diable
Chenille du papillon Robert le Diable

La chenille du Robert le Diable

Les chenilles du Robert le Diable sont plutôt originales. Elles affichent une robe brune-orangée, avec une tête noire ornée de deux petites pointes, un peu comme des cornes. Leur corps est hérissé de petites pointes blanches, ce qui leur confère un aspect peu engageant pour les prédateurs.

Cette apparence, combinée à leur couleur, leur sert de moyen de défense. En plus, elles adoptent parfois une posture courbée qui accentue leur ressemblance avec des épines ou des déchets végétaux. Ingénieux !

Après plusieurs mues, la chenille se transforme en chrysalide puis en papillon adulte. Chez cette espèce, deux générations se succèdent souvent chaque année.

Comment Robert le diable passe t’il l’hiver ?

L’un des traits fascinants du papillon Robert le Diable, c’est son mode d’hibernation. Contrairement à la plupart des papillons qui passent l’hiver sous forme de chenille ou de chrysalide, lui choisit de rester adulte.

Dès les premiers froids, il se met à la recherche d’un abri discret où il restera à l’abri du gel :

  • Creux des arbres
  • Haies denses
  • Lierre grimpant
  • Greniers
  • Vieilles bâtisses

Durant cette période, son métabolisme ralentit fortement. Il reste parfaitement immobile, ses ailes repliées. Sa couleur brun-mort lui permet de se fondre dans le décor, le rendant presque invisible à ses prédateurs.

Dès que le soleil refait son apparition, le Robert le Diable s’ébroue et reprend ses activités printanières.

polygonia c album un papillon aux ailes découpées
polygonia c album un papillon aux ailes découpées

Protégeons les papillons

Comme beaucoup d’insectes, le Robert le Diable voit ses populations décliner. Les causes ? Elles sont nombreuses :

  • La disparition des haies et friches, lieux essentiels à son cycle de vie
  • L’usage intensif de pesticides et insecticides, même dans les jardins particuliers
  • Le réchauffement climatique, qui perturbe ses cycles biologiques

Pourtant, il est possible de favoriser la présence du Robert le Diable dans nos espaces verts. Quelques gestes simples suffisent :

Ces actions profiteront non seulement au Robert le Diable, mais aussi à tout un cortège de papillons et d’insectes pollinisateurs, indispensables à notre biodiversité.

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