Tamia de sibérie chipmunk
Faune sauvage

Le Tamia de Sibérie, un petit envahisseur sous surveillance

Petite boule de poils rayée et bondissante, le tamia de Sibérie est le roi des sous-bois… et des cœurs ! Avec ses joues extensibles capables de transporter un buffet entier et son agilité à toute épreuve, ce petit écureuil terrestre ne laisse personne indifférent. Et c'est bien là son souci !

Mais qui est-il vraiment ? Originaire des forêts boréales et désormais résident occasionnel de nos contrées, le tamia de Sibérie cache bien des secrets. Entre habitudes alimentaires, mode de vie et impact écologique, partons à la découverte de ce sprinter rayé qui, malgré sa petite taille, mène une vie bien rythmée !

Qui est le Tamia de Sibérie ? Carte d’identité

Nom commun : Tamia de Sibérie (alias le "chipmunk" des forêts ou "Petit suisse" en raison de son pelage rayé qui ressemble à l'habit des Gardes Suisses présents au Vatican.)

Origine : Sibérie et Chine, là où l'hiver pique un peu plus fort que chez nous.

Portrait d’un rongeur bien organisé :

Mode de vie :
Diurne (il bosse le jour et dort la nuit, comme nous… ou presque). Le tamia partage son temps entre deux résidences : les arbres : pour observer le monde d'en haut et jouer les funambules. Sous terre : parce qu’un bunker bien creusé, c’est pratique pour stocker son casse-croûte et hiberner peinard.

Habitat en France
Arrivé dans les années 1970, après que certains propriétaires, lassés de leur "petit compagnon", ont décidé de lui offrir une liberté non surveillée dans nos forêts. Depuis, ce petit malin s’est acclimaté sans problème et colonise progressivement de nouveaux territoires.

Son installation en France date environ des années 1970, suite à son abandon dans la nature par des particuliers désireux de se débarrasser de leur animal. Il s'est depuis acclimaté, et sa population ne cesse d'augmenter.

En Ile de France, il est surtout présent dans la forêt de Sénart (Essonne), où sa population est assez importante, mais il est présent aussi dans les Yvelines, le Val d'Oise et les Hauts de Seine.

Sa population est ainsi estimée à environ 20 000 dans toute l'Ile de France.

Tamia de Sibérie
Tamia de Sibérie

Zoom sur son look : le chic naturel

Couleurs :
Une palette automnale élégante : du beige au marron, avec un ventre beige clair. Mais ce qui le rend reconnaissable, ce sont ses 5 rayures noires sur le dos.
Et que dire de sa queue ? Courte mais touffue, elle le suit dans ses cabrioles comme un plumeau sophistiqué. Sa taille : entre 15cm et 25cm. Sa queue est à peu près aussi longue que son corps.

Différences entre mâle et femelle :
Aucune. À part la taille, tout le monde se ressemble dans la famille tamia. Même les jeunes sont des mini copies des parents. Pratique pour éviter les disputes de "t’es adopté" dans le terrier.

Son poids : Environ 100 g tout mouillé. Pas étonnant qu’il soit aussi rapide, ce n’est pas un gros gabarit.

Espérance de vie du Tamia : entre 5 et 8 ans. Pas si mal pour un rongeur, surtout avec tous les risques qu’il prend en sautant de branche en branche.

Comment communique t’il ?

Le tamia, malgré sa petite taille, sait se faire entendre ! Il communique principalement par cris, qu’il utilise pour appeler ou donner l’alerte. Et attention, ses alarmes ne sont pas aléatoires : il adapte ses cris selon le danger. Un prédateur terrestre ? Un cri spécifique. Une menace venue du ciel, comme une buse ? Un autre type de cri. Bref, il est organisé ! Même si sa communication ne nous est pas encore complètement connue !

Mais voilà, tous les tamias n’ont pas la même approche. Les plus téméraires crient peu, même face à un danger réel. À l’inverse, les timides crient souvent… trop souvent. Résultat ? Ils passent vite pour des "alerteurs peu fiables" auprès de leurs congénères. Même chez les rongeurs, crier "au loup" pour rien n’a jamais été une bonne idée !

Le Tamia un écureuil
Le Tamia un écureuil

Où et comment vit le Tamia de Sibérie

Le tamia de Sibérie aime son indépendance. Il partage son temps entre forêts, parcs et jardins, et ne semble pas perturbé par la présence humaine. Au contraire, il peut devenir un voisin proche, toujours curieux mais jamais envahissant.

Où vit il ? Son terrain de jeu

Le tamia préfère les forêts de feuillus ou de conifères, là où il trouve de quoi manger et un endroit pour construire son nid. Mais il ne se limite pas à la forêt : les parcs et jardins lui conviennent aussi très bien. Tant qu’il y a des ressources et un peu de tranquillité, il s’installe.

Le Tamia est un animal solitaire (en dehors de la période de reproduction). Il est attaché à un territoire, mais ne le défends pas. Plusieurs tamias peuvent donc cohabiter sur le même territoire sans souci, mais ce n'est pas une raison pour se fréquenter. Chacun vit dans son coin, et pas question de se promener en bande. Chacun sa vie, chacun son terrier.

Son rythme de vie

Ce rongeur est actif du lever au coucher du soleil, mais surtout le matin et le soir. Il partage son temps entre le sol, où il cherche de la nourriture, et les arbres, qu’il explore avec l’agilité d’un funambule.

Le domaine vital pour un Tamia se situe entre 1 et 3 hectares pour un mâle et entre 0,5 et 1 hectare pour une femelle. Il est très fidèle à son territoire, mais peut fréquenter plusieurs terriers qui lui serviront de refuges temporaires. Mais s'il se promène sur son territoire, il ne s'éloignera jamais trop de l'un de ses refuges.

Le Tamia de Sibérie en hiver
Le Tamia de Sibérie en hiver

Que mange un Tamia de Sibérie ?

Le tamia de Sibérie est un véritable gastronome de la nature. Son régime alimentaire est aussi varié que pratique, combinant végétarisme et opportunisme. Et avec ses joues extensibles (oui, des abajoues incroyables), il ne fait jamais un voyage à vide !

Au menu végétal : fruits, fleurs, feuilles, bourgeons, graines, glands, noix, noisettes et champignons. Il collecte tout ce qu’il peut trouver, surtout à l’approche de l’hiver.

Petit carnivore sur les bords : S’il manque de protéines, le tamia ne dira pas non à quelques insectes, limaces ou même une petite grenouille. Gourmet, oui. Exclusif, non.

Un as du stockage et un héros forestier

Le tamia est prévoyant : il cache ses victuailles un peu partout dans la forêt. Ces réserves éparpillées servent à nourrir ses longues journées d’hiver… sauf qu’il oublie parfois où il les a cachées. Résultat ? Certaines graines germent et deviennent des arbres. Voilà comment ce petit rongeur contribue, sans le savoir, à la replantation des forêts. Un forestier discret, mais efficace !

Ses abajoues : un sac à dos intégré

Le tamia est équipé de joues extensibles ultra pratiques. Grâce à elles, il peut transporter une vraie cargaison : jusqu’à 5 glands en une seule fois ! L’idée, c’est d’optimiser ses déplacements. Pas question de multiplier les allers-retours entre ses réserves et son garde-manger. Quand il part en "courses", il charge au maximum. Efficace et organisé !

Comment le Tamia passe l’hiver ?

Le tamia de Sibérie est un expert de la sieste prolongée… mais pas tout à fait comme on l’imagine. Quand l’hiver arrive, ce petit rongeur entre en hibernation, mais avec un style bien à lui.

Hibernation, version tamia : une vie au ralenti

De fin octobre à février-mars, le tamia s’enferme dans son terrier pour une hibernation solitaire. Mais attention, il ne dort pas comme un ours. Sa torpeur ressemble plutôt à une longue pause entrecoupée de petites réveils. Et pourquoi donc ? Parce que ce malin ne fait pas de réserves corporelles (pas de gras en trop pour lui). Il préfère stocker sa nourriture à portée de pattes, directement dans son terrier.

Le planning d'hiver du Tamia

Constitution des réserves : avant l’hiver, il remplit son garde-manger avec entre 1 et 2 kg de provisions (graines, noix, glands… son buffet préféré).

Un dernier coup de pelle : une fois prêt, il bouche l’entrée de son terrier. Hop, fermeture hivernale. Rythme de vie : Tous les 5 jours environ, il se réveille, mange un peu, fait ses besoins (discrètement, bien sûr) et retourne se lover dans sa chambre douillette. Pas question de sortir, tout est prévu pour rester bien au chaud.

Le Tamia de Sibérie un sciuridé
Le Tamia de Sibérie un sciuridé

L'hiver c'est dur !

L’hiver n’est pas toujours tendre avec le tamia de Sibérie. Si ce petit rongeur est un expert en hibernation et en stockage de nourriture, il reste dépendant de ce que la forêt lui offre. Et quand les ressources viennent à manquer, les conséquences peuvent être dramatiques.

Quand les arbres de la forêt n’offrent pas assez de fruits, de glands ou de graines, le tamia se retrouve avec des réserves insuffisantes pour passer l’hiver. Résultat : il perd du poids, parfois jusqu’à 1/4 de sa masse corporelle. Et pour un rongeur d’une centaine de grammes, c’est énorme. Si ses réserves s’épuisent avant le retour du printemps, il peut mourir de faim dans son terrier.

Un hiver meurtrier en forêt de Sénart

L’hiver 2008/2009 illustre parfaitement cette dure réalité. En forêt de Sénart (Essonne), les 2/3 des tamias n’ont pas survécu à l’hiver. La faute à une année de faible production des arbres, qui n’ont fourni que peu de fruits. Les tamias, incapables de constituer des réserves suffisantes, ont succombé à la faim, terrés dans leur abri.

Comment se reproduit il ?

Il y a deux périodes principales de reproduction chez le Tamias. Au Printemps et en Eté. Il arrive que les mâles, qui courtisent la même femelle, se livrent combat. Ce ne sont pas des combats très violents, et les Tamias ne se blessent donc que très rarement durant ces batailles.

Comme la vie de famille, ou de groupe, n'existe pas chez le Tamia, les mâles et le femelles ne se fréquentent qu'au moment de la reproduction. Dès l'accouplement terminé, chacun repart vers sa vie de solitaire.

La construction du nid du tamia de Sibérie : un architecte souterrain

Le tamia de Sibérie n’est pas seulement un petit rongeur agile, c’est aussi un architecte talentueux. Contrairement à son cousin l’écureuil roux, qui préfère construire des nids perchés dans les arbres, le tamia opte pour la discrétion et le confort d’un terrier souterrain. Voici comment il s’y prend pour aménager son palace sous la terre.

Tamia de Sibérie un écureuil agile
Tamia de Sibérie un écureuil agile

Un terrier bien pensé

Le terrier du tamia est plus qu’un simple trou dans le sol. Il s’agit souvent d’un réseau de tunnels et de chambres bien organisés, avec des pièces attribuées à des fonctions spécifiques :

  • La chambre à coucher : son espace nuit, tapissé de feuilles, d’herbes sèches et de mousse, pour rester au chaud et bien installé.
  • Le garde-manger : une chambre dédiée au stockage des provisions, où il entasse glands, graines, noisettes, et tout ce qu’il a collecté.

Certains terriers restent simples, avec une seule chambre, tandis que d’autres ressemblent à de véritables appartements souterrains, avec plusieurs entrées et recoins.

Chaque Tamia à son propre nid puisque la vie de famille n'existe pas, c'est chacun chez soi !

Résidence secondaire et porte close

Le tamia ne laisse rien au hasard. Avant de commencer son hibernation, il bouche l’entrée de son terrier, à la manière d’un verrou naturel. Cela lui permet de se protéger du froid, des prédateurs, et même des courants d’air. Une fois enfermé, il peut dormir et se nourrir en toute tranquillité.

Le tamia n’est pas du genre à mettre tous ses œufs dans le même panier. En plus de son terrier principal, il creuse parfois des refuges temporaires, qu’il utilise comme plan B en cas de danger ou de déplacement. Cela lui permet d’avoir toujours un abri à portée de pattes.

La naissance des petits

La femelle Tamia fécondée va attendre ses petits environ 31 jours. Sa portée sera généralement de 3 à 5 petits. Ils naîtront entre avril/mai et juillet/ août. Les Tamias peuvent commencer à se reproduire à partir de 1 an.

Les petits Tamias, comme les petits Ecureuils roux, naissent aveugles, sans poils et sourds. Il pèsent au moment de leur naissance entre 2,5 et 5 grammes.

La femelle Tamia, tout comme la femelle Ecureuil, est une maman solo. Elle reste seule à s'occuper des petits. Elle va les allaiter et s'en occuper seule durant environ 8 semaines.

Leur pelage va pousser doucement et mettra une vingtaine de jours avant d'être assez épais. Mais il sera à ce moment là toujours sourd et aveugle.

Les Tamias commencent à voir et à entendre au bout de 4 semaines.

Les Petits pointeront leur nez hors de leur terrier au bout d'environ 1 mois. Mais pas question de quitter ce terrier tout de suite. Ils resteront ainsi avec leur mère, dans le même terrier, durant 2 à 3 mois avant de débuter leur vie en solo.

Selon la nourriture disponible, et l'état physique de la femelle Tamia, celle ci pourra avoir de 1 à 2 portées par an.

Le Tamia de Sibérie est un rongeur
Le Tamia de Sibérie est un rongeur

Les prédateurs du Tamia

Les principaux prédateurs du Tamia sont les rapaces, comme la Buse, les petits carnivores, comme la Belette, la Martre, le Renard et les animaux domestiques (chats, chiens)

Le Tamia de Sibérie est il un "nuisible" ?

Classé espèce invasive, le tamia de Sibérie pose un problème particulier :

  1. Compétition avec les espèces locales :
    Il partage son habitat avec des écureuils, des oiseaux ou des petits mammifères, avec lesquels il entre en compétition pour la nourriture et les ressources. Cela peut fragiliser les espèces locales, déjà sous pression.

Le Tamia est-il chassé ?

Le tamia de Sibérie est régulièrement piégé dans certaines zones, notamment en forêt de Sénart, où il a proliféré. Ces campagnes visent à limiter son impact sur les écosystèmes locaux et à éviter qu’il ne colonise de nouvelles régions. Cependant, la chasse ou la régulation reste localisée et contrôlée, et il n’existe pas de chasse massive à l’échelle nationale.

Malgré les efforts pour limiter sa population, le tamia de Sibérie est toujours présent en France, principalement en Île-de-France. Sa classification comme espèce invasive en fait une cible pour les plans de gestion de la biodiversité, mais son impact reste localisé.

Le Tamia de Sibérie est il dangereux pour les humains ?

Comme beaucoup d'animaux sauvages, le Tamia peut être porteur de parasites et de bactéries. Comme les tiques, il peut donc transmettre la maladie de Lyme. Il est donc déconseillé de tenter de lui faire un câlin !

Mais qui est-il vraiment ? Originaire des forêts boréales et désormais résident occasionnel de nos contrées, le tamia de Sibérie cache bien des secrets. Entre habitudes alimentaires, mode de vie et impact écologique, partons à la découverte de ce sprinter rayé qui, malgré sa petite taille, a une vie sacrément rythmée !

Le Tamia de Sibérie en captivité

Il est interdit de vendre ou d'acheter un Tamia de Sibérie. En effet la vente de ce petit rongeur à des particuliers, à mené cet animal à un très grand nombre d'abandon. Pourquoi ? Parce que c'est un animal sauvage et que la vie en cage ce n'est pas pour lui. Il a besoin de bouger et devient agressif si il manque d'exercice.

Le Tamia doit donc rester un animal sauvage. Il n'est pas fait pour vivre en cage, dans un espace limité. Et il n'a vraiment pas le caractère idéal pour devenir l'animal de compagnie idéal pour les enfants !

Le Règlement européen du 13 juillet 2016 interdit dorénavant d'acquérir, de vendre, d'échanger et de faire se reproduire les Tamias en captivité. Logique.

Le Tamia de Sibérie nuisible, mais pas trop

Le tamia de Sibérie est considéré comme un nuisible en raison de son statut d’espèce invasive et de son potentiel impact sur la biodiversité. Bien qu’il soit piégé dans certaines régions, il ne représente pas un danger immédiat pour l’humain à grande échelle. Ce petit rongeur, malgré son apparence charmante, reste donc sous surveillance. A suivre...

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