Cynorrhodon : le faux-fruit vitaminé de l’églantier
Les cynorrhodons… drôle de nom pour ces « fruits » que l’on croise partout sans toujours savoir qui ils sont ! Pour beaucoup, ils évoquent surtout le fameux « poil à gratter » de cour de récré ("gratte cul" pour les intimes). Mais oublions cette vieille blague !
Ces petites baies rouges sont de véritables concentrés de vitamine C et d’antioxydants. En tisane, en confiture ou même en huile de soin, elles boostent la santé et régalent les papilles.
Gratuits, sauvages et abondants, les cynorrhodons méritent largement une place dans votre cuisine… et peut-être même dans votre trousse beauté.
Les cynorrhodons c’est quoi ?
Les cynorrhodons, ce sont les fruits de l'églantier, ce rosier sauvage qu'on croise partout en bord de chemin, souvent armé d'épines redoutables (ah les accrocs dans le pull).
Ce rosier sauvage fait partie de la grande famille des Rosacées, comme nos rosiers de jardin, mais aussi comme le prunellier ou l'aubépine.

Ces petites baies rouges ou orangées apparaissent à l'automne, comme des décorations de Noël en avance. Mais derrière leur apparence mignonne se cache une vraie bombe nutritionnelle.
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Le cynorrhodon, un fruit sauvage… et pas tout à fait un fruit
Techniquement, le cynorrhodon n’est pas vraiment un "fruit" comme une pomme ou une cerise. C’est ce qu’on appelle un faux fruit.
Le cynorrhodon est le faux-fruit ; les petits fruits secs qu'il contient sont les akènes et sont planquées à l’intérieur, entourées de poils minuscules et irritants qui ont valu au cynorrhodon son surnom de "poil à gratter".
Oui, ce même truc qui a traumatisé les écoliers en primaire. Il suffit de l'ouvrir pour voir ce qu'il contient. Ca ne pique pas, mais...ça peut gratter sévèrement !
Le Cynorrhodon, un "gratte cul" ?
Pas très glamour comme surnom… mais plutôt fidèle à la réalité. À l'intérieur du cynorrhodon se trouvent de petites graines entourées de poils très fins et particulièrement irritants. Ce sont eux qui lui ont valu son célèbre surnom de « gratte-cul » : autrefois, les enfants les utilisaient comme poil à gratter en les glissant dans les vêtements de leurs victimes.
Une plaisanterie qui devait être nettement moins drôle pour celui qui se retrouvait avec les poils dans le dos.
Ces petits poils expliquent aussi pourquoi il faut soigneusement préparer les cynorrhodons avant de les consommer. Car une fois cette partie irritante éliminée, le cynorrhodon change complètement de registre : sa pulpe peut être utilisée en cuisine et c'est aussi un fruit particulièrement riche en vitamine C.

Les cynorrhodons sont ils comestibles ?
Après ce que je viens de vous raconter, si je vous dis qu'ils sont comestibles, vous allez forcément vous poser des questions.
Ca gratte mais ça se mange ? Mais oui. Non seulement ces faux fruits sont comestibles, mais ce qu'ils contiennent est assez étonnant.
Quel est le goût du cynorrhodon ?
Le cynorrhodon a un goût fruité, légèrement acidulé et parfois un peu sucré lorsqu'il est bien mûr. Sa saveur peut rappeler un mélange de fruits rouges et de pomme, même si elle varie selon les espèces et le degré de maturité.
Après les premiers froids, les fruits deviennent plus mous et leur goût est généralement plus doux.
Est-il possible de manger du cynorrhodon cru ?
Oui, mais avec précaution. La pulpe rouge orangée du cynorrhodon est comestible crue, légèrement sucrée et acidulée. En revanche, il faut éviter les poils urticants contenus à l’intérieur, responsables du fameux « poil à gratter ». Donc oui techniquement c'est possible. Après sur le terrain, face à un cynorrhodon, pas évident d'envisager de le déguster en évitant ses petits poils qui grattent...
Que contient un cynorrhodon ?
Si le cynorrhodon est connu pour quelque chose, c'est bien pour sa richesse en vitamine C. Et sur ce point, notre petite baie rouge n'a vraiment pas à rougir devant l'orange ou le citron.
À poids égal, le cynorrhodon peut en contenir plusieurs fois plus qu'une orange, avec des teneurs qui varient beaucoup selon les fruits, leur maturité et leur préparation.
Évidemment, la comparaison a ses limites : personne ne mange 150 grammes de cynorrhodons comme on mangerait une orange entière ! Personne ne va récolter des cynorrhodons dans son jardin pour les déguster sur place.
Mais il n'y a pas que la vitamine C. Le cynorrhodon contient aussi des antioxydants, ces substances qui participent à la protection de nos cellules, ainsi que différents minéraux. Donc il est plutôt sympa pour notre santé.
Bref, derrière son allure de petite boule rouge assez banale se cache un fruit à la composition plutôt intéressante. Pas mal pour le fruit d'un rosier sauvage que l'on croise gratuitement dans les haies.
Quels sont les dangers du cynorrhodon ?
Le principal problème se trouve à l'intérieur du fruit : les petits poils qui entourent les akènes sont très irritants. Il faut donc les éliminer soigneusement lors de la préparation ou filtrer correctement les préparations qui en contiennent.
Et comme pour toutes les plantes consommées pour leurs supposés effets sur la santé, mieux vaut rester prudent avec les compléments alimentaires ou les consommations importantes, notamment en cas de traitement médical.
Les cynorrhodons de vos rosiers sont ils comestibles ?
Comme leurs cousins les églantiers, les rosiers que nous avons dans nos jardins produisent aussi des cynorrhodons. Logique puisqu'ils sont vraiment très proches.
Et la bonne nouvelle, c’est que vous pouvez les consommer, à condition qu’ils soient issus de rosiers non traités (pas de pesticides ni d'engrais chimiques).
Les rosiers anciens et certains rosiers arbustifs donnent des cynorrhodons souvent plus gros et faciles à travailler que ceux des rosiers sauvages.
Mais pour la cueillette, privilégiez les cynorrhodons des églantiers sauvages. Les rosiers d'ornement sont surtout cultivés pour leurs fleurs, pas pour la qualité de leurs fruits. Ceux ci sont parfois beaucoup plus gros et plus tentants, mais ils ne sont pas forcément les plus intéressants côté goût.
Les bienfaits des cynorrhodons
Avec toute cette vitamine C, on comprend pourquoi le cynorrhodon traîne depuis longtemps une réputation de petit fruit bon pour la santé. Et cette réputation n'est pas complètement usurpée.
La vitamine C contribue notamment au bon fonctionnement du système immunitaire et aide aussi à protéger nos cellules contre le stress oxydatif. Les cynorrhodons contiennent également différents antioxydants, dont les quantités varient selon les fruits et leur préparation.
On s'intéresse aussi au cynorrhodon pour ses possibles effets anti-inflammatoires, notamment dans le domaine des douleurs articulaires. Certaines études ont obtenu des résultats intéressants avec des préparations à base de cynorrhodon, mais cela ne transforme évidemment pas notre petit fruit sauvage en médicament miracle.
Et c'est là qu'il faut faire la différence entre « contient des substances intéressantes pour notre organisme » et « soigne des maladies ». Le premier, oui. Pour le second, on va laisser le cynorrhodon tranquille. Il a déjà suffisamment de travail avec son surnom de gratte-cul. 😄

Précautions d'emploi
Consommer des plantes n'est jamais anodin. Car elles ont toutes des particularités, et agissent donc toutes sur notre organisme. Il faut donc toujours prendre des précautions avant de consommer des produits ou préparation à base de plantes.
Le cynorrhodon n'est cependant pas répertorié comme ayant provoqué des réactions allergiques importantes sur les personnes qui en consomment.
Il est toutefois déconseillé aux femmes enceintes, ou qui allaitent, d'en consommer. Par mesure de précaution. Ainsi qu'aux personnes souffrant de maladies rénales (haut teneur en vitamine C) et aux personnes suivant un traitement à base de lithium.
Comment consommer les cynorrhodons ?
Soyons honnêtes : croquer un cynorrhodon directement sur l'églantier n'est pas forcément l'expérience la plus pratique du monde.
La pulpe est comestible, mais il faut éviter les fameux petits poils irritants cachés à l'intérieur. Et retirer soigneusement graines et poils d'un minuscule fruit sauvage juste pour en manger une bouchée demande une certaine motivation.
Heureusement, il y a plus simple.
Confitures, gelées et purées
C'est probablement l'une des meilleures façons de profiter des cynorrhodons. Une fois cuits et débarrassés de leurs graines et de leurs poils, ils donnent une préparation douce, légèrement acidulée et très parfumée.
On peut en faire des confitures, des gelées, mais aussi une purée de fruits à utiliser ensuite dans différentes recettes.
Quels sont les bienfaits de la confiture de cynorrhodon ?
La confiture permet avant tout de profiter du cynorrhodon sous une forme particulièrement gourmande. Le fruit est naturellement riche en vitamine C et en antioxydants.
Mais attention à ne pas transformer le pot de confiture en médicament : une partie de la vitamine C est perdue pendant la cuisson, et une confiture contient également beaucoup de sucre.
Elle reste donc une très bonne façon de manger des cynorrhodons… mais une tartine de confiture reste une tartine de confiture. Pas un médicament. Donc c'est bon à déguster, et pas mauvais, voir bon pour la santé. Mais ça s'arrête là...
Et en infusion ?
Les cynorrhodons peuvent aussi être utilisés frais ou séchés en infusion. Si vous les préparez vous-même, le plus important reste d'éviter que les petits poils irritants ne se retrouvent dans la tasse. Après préparation, une filtration très fine est donc indispensable.
Les fruits séchés permettent ensuite d'en profiter pendant l'hiver sans avoir à retourner dans les haies à chaque envie de tisane.
Avant de les cuisiner
Comme pour toutes les cueillettes sauvages, choisissez des fruits loin des routes très fréquentées et des endroits susceptibles d'avoir été traités, et lavez-les avant de les utiliser.
Et laissez-en aussi quelques-uns sur l'églantier. Les oiseaux n'ont peut-être pas de pot de confiture, mais ils apprécient les cynorrhodons autant que nous.
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Les meilleurs cynorrhodons : lesquels choisir pour vos recettes ?
Tous les cynorrhodons se ressemblent un peu de loin, mais une fois en cuisine, les différences deviennent vite évidentes. Certains sont petits et remplis de graines, d'autres beaucoup plus charnus et nettement moins pénibles à préparer.
Cynorrhodons de l’églantier sauvage (Rosa canina)
Ce sont ceux que vous rencontrerez le plus facilement dans les haies et au bord des chemins. Les fruits de l'églantier commun (Rosa canina) sont généralement assez petits, rouges à maturité et légèrement acidulés.
Leur principal avantage ? Ils sont faciles à trouver et gratuits.
Leur principal défaut ? Quand on commence à retirer les graines et les poils un par un, on comprend assez vite pourquoi la confiture de cynorrhodons n'est pas produite à la chaîne dans toutes les cuisines.
Les gros cynorrhodons de Rosa rugosa
Impossible de les confondre avec les précédents : les fruits de Rosa rugosa sont beaucoup plus gros, ronds et charnus. Et lorsqu'il faut les préparer, quelques millimètres de fruit supplémentaires peuvent soudain devenir très appréciables.
C'est d'ailleurs l'un des rosiers intéressants si vous souhaitez récolter des cynorrhodons dans votre jardin : ses fruits offrent davantage de pulpe et sont généralement plus faciles à travailler que les petits cynorrhodons de l'églantier commun.
Et les cynorrhodons des rosiers du jardin ?
Comme nous l'avons vu plus haut, les rosiers cultivés peuvent eux aussi produire des cynorrhodons lorsqu'on laisse les fleurs fanées évoluer naturellement.
Selon les variétés, les fruits peuvent être ronds, allongés, minuscules ou au contraire assez impressionnants.
Mais ne vous laissez pas forcément séduire par leur taille : un énorme cynorrhodon n'est pas automatiquement meilleur qu'un petit fruit sauvage.
Pour une première récolte, le plus simple reste donc de commencer avec un églantier que vous avez correctement identifié… et de voir si vous avez la patience de recommencer l'année suivante. 😄

Quand et comment récolter les cynorrhodons ?
Les cynorrhodons commencent à mûrir à l'automne, lorsqu'ils prennent leur belle couleur rouge ou orangée. Mais faut-il vraiment attendre les premières gelées pour les cueillir ? Pas forcément.
On peut récolter des cynorrhodons dès qu'ils sont bien mûrs et encore fermes, notamment si l'on souhaite les conserver ou les faire sécher.
Après les premiers froids, les fruits deviennent généralement plus tendres, mous. C'est souvent à ce moment-là qu'ils sont les plus agréables à transformer en purée ou en confiture.
Attendre trop longtemps présente en revanche un petit risque : retrouver des fruits très mous, abîmés… ou constater que les oiseaux sont passés avant vous.
Comment choisir les bons fruits ?
Choisissez des cynorrhodons bien colorés, sains et sans trace de moisissure. Ils peuvent être encore assez fermes ou déjà légèrement souples selon ce que vous souhaitez en faire.
Évitez les fruits encore verts et ceux qui commencent franchement à se décomposer.
Et pour la cueillette sauvage, même règle que toujours : pas au bord d'une route très fréquentée ni dans une zone susceptible d'avoir été traitée.
Enfin, ne dépouillez pas tous les églantiers que vous croisez. Les cynorrhodons restent une source de nourriture pour les oiseaux pendant l'automne et l'hiver. Prenez votre part et laissez-leur la leur. C'est la base de la cueillette.
Les petites histoires du cynorrhodon : symboles et anecdotes
Le cynorrhodon n'a évidemment pas attendu nos pots de confiture pour se faire remarquer. Depuis longtemps, l'églantier accompagne les humains, aussi bien pour ses fruits que dans les croyances populaires.
Et avec ses épines, ses fleurs délicates et ses fruits rouge vif, il avait tout ce qu'il fallait pour nourrir quelques histoires.

Un rosier qui protège des mauvais esprits ?
Lorsque l'on fouille dans les vieux grimoires des traditions européennes, l'églantier était associé à la protection. Ses branches épineuses auraient notamment eu le pouvoir de tenir à distance les mauvais esprits et autres visiteurs dont on se serait volontiers passé.
Évidemment, nous sommes ici dans les croyances populaires, pas dans un traité de botanique. Mais entre nous, une haie d'églantiers bien dense peut effectivement décourager quelques visiteurs. Pas forcément les esprits. Mais les mollets humains, certainement.
Pourquoi l'églantier s'appelle-t-il Rosa canina ?
Son nom latin signifie littéralement « rose du chien ». Il viendrait d'une ancienne croyance selon laquelle les racines de l'églantier pouvaient servir contre les morsures de chiens enragés. De nos jours ce nom parait étonnant, mais il fut un temps ou l'on croyait à ce genre de choses.
La médecine a heureusement fait quelques progrès depuis. Mais le nom, lui, est resté : Rosa canina. C'est pas génial comme nom, mais ça s'explique !
Des cynorrhodons pour remplacer les oranges pendant la guerre
Cette histoire-là, en revanche, n'est pas une légende. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les importations d'agrumes étaient devenues difficiles au Royaume-Uni. Or il fallait notamment trouver une autre source de vitamine C pour les enfants.
Le gouvernement britannique a alors encouragé la population à ramasser les cynorrhodons sauvages, particulièrement riches en vitamine C. Des campagnes de collecte ont été organisées et les fruits étaient transformés en sirop. Des écoliers ont même participé aux récoltes.
Quand on pense que quelques décennies plus tard, d'autres enfants se contentaient surtout d'utiliser le contenu des cynorrhodons comme poil à gratter... Le fruit n'avait pas changé. Son utilisation, un peu.
Le cynorrhodon, un petit fruit sauvage qui mérite qu’on s’y arrête
On passe facilement devant les cynorrhodons sans y prêter attention. Pourtant, ces petites boules rouges accrochées aux églantiers ont pas mal de choses à raconter.
Riches en vitamine C, comestibles, faciles à trouver et utilisables en cuisine, elles ont même eu leur heure de gloire lorsque les oranges sont venues à manquer pendant la guerre.
Alors cet automne, ouvrez l'œil pendant vos balades. Et si vous décidez d'en rapporter quelques-uns à la maison, souvenez-vous simplement d'une chose : les oiseaux aussi comptaient dessus pour leur repas.
La cueillette sauvage, c'est encore meilleur quand on partage.
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