Cyclamen et fourmis : une collaboration surprenante
Le Cyclamen et les fourmis c'est l'histoire d'une collaboration surprenante. Ou plutôt une histoire de gourmandise !
Allons jeter un coup d'œil à cette collaboration assez astucieuse, il faut bien le reconnaître.
Le Cyclamen vivace : une plante aux multiples talents
Les plantes ont parfois des alliées inattendues pour assurer leur survie. Prenez le Cyclamen, par exemple.
Cette petite plante aux fleurs colorées cache un plan sacrément bien ficelé pour disperser ses graines dans la nature. Et ce plan repose sur une collaboration inattendue : les fourmis !
Grâce à ces petites ouvrières, le Cyclamen réussit à propager ses graines bien plus loin qu'il ne pourrait le faire tout seul.
Quand on ne peut pas marcher, il faut trouver des astuces.
Mais avant de parler graines, et fourmis, intéressons nous d'abord à cette plante. Le Cyclamen (Cyclamen hederifolium).
Une petite plante vivace qui se plaît particulièrement dans les zones ombragées, sous les arbres ou les buissons.
Qui est le Cyclamen vivace ?
Le Cyclamen vivace est une plante sauvage, que l'on trouve naturellement dans les sous-bois et les zones ombragées.
En France et en Europe, il existe 3 espèces de Cyclamens vivaces que l'on trouve couramment dans la nature : Cyclamen hederifolium, Cyclamen purpurascens et le Cyclamen coum.
On reconnaît ce Cyclamen à ses feuilles en forme de cœur et ses fleurs délicates qui se dressent délicatement au-dessus de son feuillage.
En automne, lorsque les autres plantes commencent à ralentir leur activité, le Cyclamen, pointe le bout de ses fleurs. Histoire de mettre un peu de couleur dans le jardin.
Le Cyclamen, fait partie de la famille des Primulacées, tout comme les primevères.
Maintenant que vous savez qui est le Cyclamen, voyons son côté astucieux...
Je vous raconte tout sur ce petit cyclamen 👉Le Cyclamen de Naples, la fleur de l'automne 👈

L’ingéniosité du Cyclamen
Ce qui nous intéresse aujourd’hui chez ce Cyclamen, c’est la manière dont cette plante disperse ses graines.
Le but ultime de toutes les plantes est d'assurer leur descendance. Il faut donc qu'elles fassent des "petits".
Et ces petits, chez le Cyclamen, naissent via des graines. Il faut donc que chaque Cyclamen arrive à disperser ses graines dans la nature, et que ces graines poussent. Et ce tout en restant immobile.
Et comme les plantes ne peuvent pas se déplacer, elles ont développé diverses stratégies pour arriver à disséminer leur graines. Certaines font appel au vent, d’autres à l’eau, mais le Cyclamen, lui, a développé un autre système assez astucieux.
Chaque graine de Cyclamen est enrobée d'une substance spéciale appelée élaïosome. Ce mot scientifique est en réalité juste le nom d'une friandise pour les fourmis. L’élaïosome est une petite réserve de graisse et de sucre, irrésistible pour les fourmis.
La myrmécochorie : une stratégie naturelle de dispersion
Maintenant que vous savez ce qu’est l’élaïosome, parlons de ce processus fascinant qu’on appelle myrmécochorie, ou dispersion des graines par les fourmis.
Ce terme, un peu compliqué, décrit simplement une forme de coopération entre les plantes et les fourmis.
Les fourmis se chargent de transporter les graines loin de la plante, favorisant ainsi la colonisation de nouveaux espaces. Elles jouent donc le rôle de transporteurs.

Mais ne croyez pas qu'elles travaillent gratuitement. Si les fourmis acceptent de travailler pour les Cyclamens c'est qu'elles y trouvent leur compte.
Et les fourmis ne travaillent pas uniquement pour le Cyclamen. Elles travaillent aussi pour la Violette odorante, pour la Chélidoine, l'Ail des ours, les Euphorbes ou le Perce neige.
Les plantes qui ont un accord avec les fourmis sont assez nombreuses. Et que deviendraient elles si les fourmis venaient à disparaître demain ? Sans doute finiraient elles pas disparaître aussi.
Pensez y quand les fourmis vous agaceront...:) parce qu'elles sont agaçantes aussi !
Quand les fourmis deviennent des jardinières
Imaginez une scène : une fourmi travailleuse parcourt le sol à la recherche de nourriture. Et soudain, elle tombe sur une graine de Cyclamen.
Pour la fourmi, tomber sur une graine de Cyclamen, c’est comme tomber sur une friandise, ou un super repas !
Attirée par l’élaïosome, la fourmi attrape la graine sur laquelle se trouve cette "friandise" et la ramène dans son nid. Elle en fera profiter les larves.
Mais la fourmi ne va consommer que la substance sucrée. Pas la graine. Qui elle, est laissée de côté.
Et c’est là que la magie opère ! La graine, déposée à l’abri dans la fourmilière, se retrouve dans un environnement idéal pour germer et donner naissance à une nouvelle plante.
Hop, sans bouger d'un seul centimètre, le Cyclamen a réussi à faire germer ses "petits" plus loin dans le jardin. Et ce grâce à la gourmandise et aux services des fourmis.
Les avantages de la dispersion par les fourmis
Mais pourquoi cette stratégie est-elle si efficace pour le Cyclamen ? Eh bien, il y a plusieurs raisons.
Protection contre les prédateurs et les intempéries
En transportant les graines sous terre ou dans des endroits cachés, les fourmis protègent les graines de Cyclamen des prédateurs qui pourraient les manger, comme les oiseaux ou les petits mammifères.
La graine est à l’abri des intempéries, comme les fortes pluies ou la sécheresse, ce qui augmente ses chances de survie.
Un jardin toujours en expansion
En dispersant les graines loin de la plante mère, les fourmis permettent au Cyclamen de coloniser de nouveaux espaces.
Cela évite la concurrence entre la plante mère et ses « enfants » pour les nutriments et l’eau.
Grâce à cette méthode, les Cyclamens peuvent former de jolies colonies dans nos jardins ou dans les sous-bois, créant un tapis floral qui s’étend chaque année un peu plus.
Une relation gagnant-gagnant
Vous vous demandez peut-être ce que les fourmis gagnent dans cette histoire. Après tout, pourquoi se donner la peine de transporter ces graines de Cyclamen ?
Eh bien, pour elles, l'élaïosome est une récompense précieuse, une source de nourriture riche en énergie.
Qui va vraiment servir à toute la colonie de fourmis. C’est donc une relation gagnant-gagnant, où les deux parties profitent mutuellement de cette alliance.
Dans le monde végétal, cette forme de coopération est assez répandue. On la retrouve chez d’autres plantes comme le Perce-neige, ou certaines variétés de Trèfle.
Mais chez le Cyclamen, cette relation est particulièrement efficace, car les fourmis font d'excellents déménageurs ou transporteurs. Et elles travaillent beaucoup.
Les Cyclamens et les fourmis : une leçon d’écosystème
Ce partenariat entre le Cyclamen et les fourmis illustre à merveille la complexité des écosystèmes.
Chaque espèce a un rôle à jouer, et même les plus petites créatures, comme les fourmis, peuvent avoir un impact considérable sur la survie des plantes.
Grâce à elles, le Cyclamen s’assure un avenir florissant, tandis que les fourmis bénéficient d’un apport alimentaire précieux.

Comment observer cette collaboration dans votre jardin ?
Si vous avez des Cyclamens vivaces dans votre jardin, vous pourriez être témoin de ce processus fascinant.
En automne, observez attentivement les alentours de la plante. Quand les fleurs de Cyclamen seront fanées, et que des graines seront apparues, avec un peu de chance, vous pourrez peut être apercevoir des fourmis emporter les graines tombées au pied de la plante.
Pour encourager cette interaction, évitez d’utiliser des pesticides qui pourraient nuire aux fourmis et à d'autres insectes bénéfiques dans votre jardin.
Un sol sain et vivant est essentiel pour soutenir ce type de relations symbiotiques entre plantes et insectes.
Ref : Conservation nature / Dictionnaire amoureux des fourmis
FAQ Vos questions sur les fourmis et les plantes
Les fourmis sont particulièrement attirées par les plantes qui produisent du nectar ou du miellat. C’est le cas des pivoines, des cerisiers, des pommiers ou encore des rosiers lorsqu’ils sont infestés de pucerons.
Certaines plantes comme l’acacia ou certaines orchidées possèdent même des glandes spéciales qui sécrètent du nectar pour attirer volontairement les fourmis.
Si des fourmis se pressent sur votre plante, c’est souvent parce qu’elle héberge des pucerons ou des cochenilles.
Ces insectes sécrètent un liquide sucré (le miellat) dont les fourmis raffolent. Dans certains cas, elles peuvent aussi être attirées par le nectar naturel des fleurs ou des sécrétions sucrées sur les bourgeons.
En réalité, les fourmis ne mangent pas directement vos plantes. Elles cherchent surtout à récolter du sucre (nectar ou miellat).
Cependant, leur présence peut poser problème : en « élevant » les pucerons ou les cochenilles pour profiter de leur miellat, elles protègent ces parasites naturels, ce qui peut fragiliser vos plantes à long terme.
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