Ces 8 insectes qui protègent votre potager
Ces 8 insectes qui protègent votre potager ne portent pas de cape, mais ils mériteraient clairement une médaille. Tandis que vous arrosez tranquillement vos tomates, eux patrouillent, pollinisent, dévorent les pucerons et recyclent les déchets comme des pros.
Pas besoin de produits miracles ni de gadgets high-tech : ces petites bêtes font le boulot, à condition qu’on les laisse faire. Le hic ? Beaucoup finissent écrasées, chassées ou affamées sans le moindre procès. Il est grand temps de les remettre à l’honneur, et de leur offrir un potager digne de ce nom.
Vous allez voir, avec une bonne équipe à six pattes, tout pousse mieux.
Pourquoi protéger les insectes utiles au potager est indispensable
Si vous pensez que les insectes ne servent qu’à piquer, grignoter vos feuilles ou vous faire sursauter en plein arrosage… c’est qu’on ne vous a pas encore présenté les bons. Car au potager, une grande partie des insectes sont non seulement inoffensifs, mais surtout super utiles.
Certains pollinisent vos fleurs de courgettes à la vitesse de l’éclair, d’autres font la chasse aux pucerons, d’autres encore transforment les restes végétaux en compost maison. En gros, ils bossent pendant que vous buvez votre café. Pas mal, non ?
Protéger ces insectes alliés du jardinier, c’est donc :
- Réduire (voire supprimer) l’usage de produits chimiques,
- Équilibrer naturellement les populations de ravageurs,
- Améliorer la pollinisation et donc vos récoltes,
- Enrichir la vie du sol pour une terre fertile et vivante.
Et ce n’est pas tout. Ces petites bêtes sont aussi les premiers maillons d’une biodiversité riche, celle qui rend un jardin résilient, beau, et bourré de surprises. Bref, sans eux, votre potager tourne au ralenti.
Alors non, vous n’avez pas besoin de dompter la nature à grands coups de pulvérisateur. Il suffit souvent de lui faire un peu de place. Et ça commence maintenant.


1. La coccinelle : un insecte à (vraiment) protéger au potager
On commence par une star du jardinage bio : la coccinelle. Oui, elle est mignonne, oui, elle a des pois, mais elle est surtout capable de dégommer des colonies entières de pucerons à elle seule. Une véritable serial killeuse de pucerons.
Pourquoi elle est indispensable :
- Une seule larve de coccinelle peut manger jusqu’à 150 pucerons par jour.
- L’adulte continue le boulot, avec un appétit un peu plus modéré, mais constant.
Ce qu’elle aime :
- Les plantes à pucerons (eh oui), comme les Capucines, Fèves, Orties, Rosiers…
- Les fleurs sauvages comme la Tanaisie, la Centaurée ou les ombellifères.
Comment lui faire plaisir :
- Laissez un coin enherbé ou fleuri, sans pulvérisations.
- Plantez pour les pucerons (capucines, fèves…) pour que la coccinelle trouve de quoi se nourrir.
- Installez un abri pour l’hiver, par exemple une petite boîte remplie de brindilles, posée à l’abri de la pluie.
À éviter :
- Les traitements chimiques, même naturels.
- L’achat de coccinelles d’élevage, en particulier les coccinelles asiatiques (Harmonia axyridis). Importée pour lutter contre les pucerons, cette espèce est invasive, agressive, et peut même manger les larves de nos coccinelles locales.
Mieux vaut laisser la nature faire son casting elle-même. Et si vous achetez des larves dans une jardinerie, vérifiez bien que ce sont des coccinelles françaises. Eh oui, que ce soit pour manger ou pour acheter des larves de coccinelle, le local, y'a pas mieux !
En apprendre plus sur les Coccinelles 👉Les Coccinelles, héroïnes du jardin 👈
2. Le Bourdon : un insecte à protéger au potager pour booster vos récoltes
Gros, poilu, un peu bruyant… mais terriblement attachant, le bourdon est l’un des meilleurs pollinisateurs du potager. Il commence à bosser dès les premières fraîcheurs du matin, et continue même quand le temps est un peu pourri — contrairement à l’abeille domestique qui, elle, préfère le soleil et les pauses prolongées.
Pourquoi il est génial :
- Il pratique la pollinisation par vibration (buzz-pollinisation), indispensable pour les tomates, poivrons et aubergines. Pour faire simple, disons qu'il joue de la musique quand il arrive devant une fleur pour qu'elle lui livre son précieux trésor.
- Il peut transporter du pollen même quand il fait froid, nuageux ou humide, donc plus de chance d’avoir des légumes malgré la météo.
Ce qu’il aime :
- Les fleurs riches en nectar : Trèfle, Bourrache, Phacélie, Lavande…
- Les coins sauvages, pas trop tondus, avec des herbes hautes où il peut nicher dans un vieux terrier ou sous une touffe d’herbe.
À savoir : contrairement à ce qu’on pense, les bourdons ne vivent pas longtemps… alors offrez-leur un petit paradis pendant leur courte vie. C'est un véritable auxiliaire du jardinier, amateur ou pro.
À éviter :
- Les produits chimiques, même “bio”.
- La tonte rase, surtout en début de saison.
Découvrez la vie du Bourdon terrestre, un gros poilu super utile !

3. Le syrphe, un précieux allié du potager à ne pas négliger
Le Syrphe est le roi du camouflage : il ressemble à une guêpe, mais c’est en fait une mouche totalement inoffensive, qui fait un boulot d’enfer au potager. Et ce, à tous les stades de sa vie.
Pourquoi on l’adore :
- Adulte, il pollinise comme un pro (il raffole des fleurs simples).
- Larve, c’est une prédatrice de pucerons ultra-efficace. Elle peut en dévorer plusieurs centaines durant sa croissance.
Ce qu’il aime :
- Les ombellifères en fleurs (Carotte sauvage, Fenouil, Aneth, Coriandre…).
- Les pissenlits, pâquerettes, soucis, bleuets — bref, les fleurs "nature" qui n’en font pas trop.
- Les recoins non traités et riches en biodiversité.
À savoir :
Les Syrphes pondent au cœur des colonies de pucerons, pour que leurs larves aient le buffet à portée de crochets. Malins, non ?
Découvrez cette mouche très utile, déguisée en guêpe 👉 le Syrphe 👈

4. Le Forficule : pince-moi si tu veux
Longtemps victime d’une mauvaise réputation (merci les légendes urbaines), le Forficule, que l'on appelle plus souvent Perce-oreille, n’a pourtant jamais eu l’intention de visiter vos tympans pendant votre sommeil. Son vrai truc à lui, c’est plutôt de grignoter des pucerons, de nettoyer les petits coins du jardin… et de vivre sa vie tranquille entre deux potées de fleurs.
Pourquoi il est utile :
- Il adore les pucerons, psylles et larves tendres : il les croque la nuit, quand tout le monde dort.
- Il joue aussi un petit rôle de décomposeur, en mangeant des débris végétaux.
- Il participe à l'équilibre écologique sans jamais vraiment faire de vagues.
Et ces fameuses pinces ?
- Elles ne sont pas venimeuses.
- Elles servent à se défendre, à séduire ou à replier ses ailes (quand il en a envie).
- Et non, elles ne percent pas les oreilles — c’est un mythe tenace, mais totalement faux.
Ce qu’il aime :
- Les coins frais et sombres : pots de fleurs retournés, paillis, tas de feuilles…
- Les recoins peu dérangés, avec un peu d’humidité.
- Les pots remplis de paille ou de carton, surtout si vous les suspendez la tête en bas : c’est le Airbnb de rêve pour perce-oreille.
Comment en profiter sans dégâts :
- Il peut parfois grignoter des pétales de fleurs très tendres (genre dahlias ou soucis) — mais c’est rare et souvent lié à une pénurie de proies.
- Pour éviter ça, installez des abris près des plantes infestées de pucerons plutôt que dans vos massifs de fleurs.
Découvrez 👉la vie discrète du Perce oreille 👈

5. Les papillons : beaux et bosseurs
On les admire, on les photographie, mais on oublie souvent que les papillons sont aussi de grands pollinisateurs. Certains, comme le Citron, le Tircis ou le Paon du jour, sont des visiteurs réguliers du potager. Et même si vous ne lez voyez pas, et qu'ils ne sont pas les plus beaux du monde, comme les papillons de nuit, ils nous sont utiles !
Partez à la découverte des #papillons
Pour les attirer :
- Offrez des fleurs simples riches en nectar (zinnias, soucis, lavandes),
- Laissez une partie du jardin « en friche » pour les chenilles,
- Plantez des orties : plusieurs espèces en dépendent pour se reproduire.

6. La Chrysope : le ninja vert du potager
Tout doux, tout léger, tout vert fluo avec des ailes en dentelle… La Chrysope a l’allure d’une fée végétale. Mais ne vous fiez pas à son apparence poétique : ses larves sont de vraies machines de guerre, surnommées (sans exagération) les lions des pucerons.
Ce qu’il fait pour vous :
L’adulte est pollinisateur secondaire, mais surtout pondeur stratégique : madame Chrysope pond ses œufs pile là où y a à manger pour sa progéniture.
Une larve de Chrysope peut engloutir jusqu’à 500 pucerons pendant sa jeunesse. Oui, 500.
Elle attaque aussi les cochenilles, les aleurodes (mouches blanches), les thrips, et les acariens. Autant dire qu’elle fait le ménage.
Son style de chasse ?
Un peu flippant, mais efficace : la larve attrape sa proie avec ses crochets, lui injecte un jus paralysant et aspire les fluides internes. Bon appétit.
Comment l’accueillir au jardin :
Évitez les éclairages nocturnes puissants : ça les désoriente (et puis franchement, la nature a besoin de sommeil, elle aussi).
Plantez des fleurs à ombelles (Carotte sauvage, Aneth, Fenouil) : ça l’attire autant qu’un buffet à volonté.
Laissez un coin non tondu et fleuri : elle aime les refuges calmes pour pondre.
Installez un hôtel à insectes avec des compartiments remplis de paille, laine ou foin : les Chrysopes adultes y passent volontiers l’hiver.
Un insecte à découvrir 👉La Chrysope, l'alliée du jardinier 👈

7. Le gendarme : patrouilleur zélé du jardin
Toujours en groupe, toujours bien sapé en rouge et noir, le Gendarme (Pyrrhocoris apterus) est l’un des insectes les plus faciles à repérer au jardin. On le voit souvent en rangs serrés, collé à un tronc ou étalé sur une pierre au soleil, comme s’il faisait une pause café entre deux rondes.
Utile, mais pas pour la baston :
- Il ne pique pas, ne mord pas, ne court pas après les pucerons (désolé).
- En revanche, c’est un nettoyeur hors pair : il se nourrit de graines tombées, de végétaux en décomposition, et parfois même de cadavres d’insectes. Miam.
- Il contribue à l’équilibre du sol en accélérant le recyclage naturel.
Pourquoi on l’aime :
- Il est inoffensif pour les plantes, pour vous, et pour vos légumes.
- Il est ultra facile à observer, même par les enfants ou les débutants : il ne se cache pas, ne vole pas, et ne panique pas quand on s’approche.
- Sa carapace vive rouge et noire est une merveille d’évolution pour dissuader les prédateurs… et ravir les photographes de jardin.
- C’est un insecte grégaire : il vit en groupe, dort en groupe, bronze en groupe. La vie idéale d'un Pyrrhocore
Il peut passer pour envahissant, mais il ne cause aucun dégât. Même en nombre, il reste un colocataire exemplaire.
Ce qu’il aime :
- Les coins secs, ensoleillés, proches de la litière ou d’un tronc.
- Les jardins naturels, avec des feuilles mortes, des fleurs fanées, un peu de désordre bienveillant.
- Il traîne souvent sous les tilleuls, hibiscus, mauves ou autour des composts.
Découvrez la vie très active du 👉 Gendarme de votre jardin 👈

8. Le ver de terre (OK, il n’a pas 6 pattes, mais il mérite sa place)
Bon, je triche un peu. Le ver de terre ne devrait pas faire partie des 8 insectes qui protègent votre potager. Ce n’est pas un insecte, mais impossible de parler d’alliés du potager sans évoquer le ver de terre. Il n’a ni pattes, ni yeux, ni ailes brillantes, il ne fait pas de bruit et il passe sa vie à manger de la terre. Pourtant, sans lui, votre potager ressemblerait à un vieux bac à sable desséché.
Le ver de terre, c’est l’architecte du sol, le tractopelle miniature, le roi du compost. Bref, un héros humble, mais capital.
Pourquoi il est indispensable :
- Il aère la terre en creusant des galeries : parfait pour que les racines respirent et que l’eau s’infiltre.
- Il mélange les matières organiques et les décompose doucement… en les digérant. Glamour, mais super efficace.
- Ses crottes (appelées turricules, pour les intimes) sont de l’or brun : riches en nutriments, elles boostent la fertilité du sol.
Ce qu’il aime :
- Les sols non retournés : le bêchage en profondeur, c’est son cauchemar.
- Le paillage : feuilles mortes, paille, tonte sèche… tout ce qui garde l’humidité.
- Le calme : pas de vibrations, pas de produits chimiques, pas de concerts de tondeuses.
Ce qu’il n’aime pas du tout :
- Le sol nu (trop chaud, trop sec, trop dur).
- Les traitements (même naturels). Manger de la terre pleine de produits chimiques, avouez que ce n'est pas tentant. Dans ce cas, il meurt ou il déménage.
- Le compactage : éviter de piétiner toujours au même endroit dans le jardin.
À savoir :
Et non, il ne repousse pas si on le coupe en deux (en général, ça le tue, ou au mieux ça donne un demi-ver handicapé, pas deux).
Il en existe plusieurs espèces, avec des rôles différents : certaines vivent en surface, d’autres en profondeur.
C’est un indicateur de bonne santé du sol. S’il est là, c’est que la vie souterraine est bien active.

8 insectes qui protègent votre potager, le travail des minuscules
C’est officiel : votre potager n’est pas juste un coin de terre, c’est un écosystème où chaque bestiole a son rôle à jouer. Coccinelles, bourdons, syrphes, vers de terre ou même gendarmes en patrouille… ces insectes sont vos alliés du quotidien.
En protégeant ces insectes, vous favorisez votre potager, avec l'espoir de récoltes abondantes, un sol vivant et un jardin plein de vie — sans pulvériser à tout-va. Alors la prochaine fois que vous croisez une petite bête au potager… remerciez-la (ou au moins, laissez-la bosser tranquille) !
FAQ Vos questions sur les insectes au potager
En réalité, il ne faut pas chercher à éliminer tous les insectes, car beaucoup sont utiles ! Les coccinelles, syrphes, abeilles, carabes et chrysopes protègent vos cultures et participent à la pollinisation. L’objectif n’est donc pas d’éradiquer, mais de réguler les insectes nuisibles.
Pour cela, privilégiez les solutions naturelles : purins de plantes, décoctions, paillage, associations de cultures ou encore abris pour les auxiliaires. Un jardin équilibré, avec de la diversité, permet de limiter les dégâts sans détruire la petite faune indispensable à la santé du potager.
On rencontre souvent les pucerons qui affaiblissent les plantes en suçant leur sève, les altises qui trouent les feuilles, les mouches du chou ou de la carotte qui attaquent les racines, ou encore les doryphores friands de pommes de terre.
Les limaces et escargots ne sont pas des insectes mais restent parmi les ravageurs les plus redoutés au potager.
Plusieurs insectes peuvent s’attaquer aux légumes : les pucerons sur les tomates, fèves ou courges, les mouches de la carotte et du chou qui creusent les racines, les altises qui perforent les jeunes feuilles de radis et choux, ou encore le redoutable doryphore des pommes de terre. Les aleurodes (mouches blanches) et les thrips peuvent aussi affaiblir les cultures sous serre.
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