Le Renard, un ami mal compris
Le Renard roux ! Qui ne le connaît pas ? Nous le retrouvons un peu partout, et ce depuis notre plus jeune âge, à travers les livres, films, dessins animés...!
On le nomme aussi Renard rouge ou commun. Et, il y a bien longtemps, on l'appelait aussi Goupil.
Rusé, intelligent, méfiant, le Renard n'en finit pas de faire parler de lui ! Mais pourquoi ce superbe rouquin suscite t'il autant d'intérêt ? Et pourquoi surtout certains ne semblent pas pouvoir le supporter vivant ?
Qui est le Renard roux ?
Le renard roux appartient à la famille des Canidés, tout comme le loup, le chien ou le coyote. Mais contrairement à ses cousins, il préfère une vie plus solitaire et une alimentation très variée (comprenant parfois vos chaussures oubliées sur le pas de la porte).

Son nom latin, Vulpes vulpes, est d’une originalité frappante : on dirait que les scientifiques étaient en panne d’inspiration. Il est pourtant le renard le plus répandu sur la planète, occupant tout l’hémisphère nord, de l’Europe aux confins de l’Asie, en passant par l’Amérique du Nord. On le retrouve aussi en Australie, où il a été introduit (et où il cause bien des soucis à la faune locale).
Avec une telle aire de répartition, il s’est adapté à des climats aussi variés que la toundra glacée et les campagnes françaises. Bref, un véritable globe-trotter à quatre pattes !
Comment le reconnaître ? Carte d’identité
Un renard, c’est un peu comme un chat croisé avec un chien qui aurait fait un stage chez un ninja. Mais pour l’identifier avec certitude, voici sa fiche d’identité :
- Taille : entre 35 et 50 cm au garrot, mais avec sa queue touffue, il semble plus grand.
- Longueur totale : environ 1 mètre à 1,40 mètre (queue comprise, qui représente un tiers de son corps !).
- Poids : entre 5 et 10 kg, monsieur étant souvent plus costaud que madame.
- Robe : roux flamboyant, avec du blanc sur le ventre et le bout de la queue, et du noir sur les pattes (comme s’il portait des chaussettes).
- Yeux : ambrés à brun foncé, avec une pupille verticale (oui, comme un chat).
- Oreilles : pointues et dressées, parfaites pour capter le moindre bruit.
- Espérance de vie : 2 à 5 ans dans la nature (la vie de goupil n’est pas de tout repos), mais jusqu’à 14 ans si on le laisse vivre sa vie !
- Le Renard glapit, ou jappe. Ce cri est destiné à prévenir ses congénères d'un danger imminent ou à communiquer avec eux.
Son truc en plus ? Une queue aussi longue que son corps, qui lui sert de couverture chauffante en hiver, de balancier quand il court, et de panneau de signalisation pour ses congénères.
Le renard roux a une démarche légère, presque féline, et une incroyable capacité à disparaître en un clin d'œil. C’est un as du camouflage, qui sait parfaitement se fondre dans le paysage.

Comment vit le Renard ? Un solitaire sociable
Contrairement aux loups, le renard roux n’a pas vraiment de meute. Il est plutôt du genre indépendant, mais pas totalement asocial pour autant.
Son territoire, c’est sacré
Chaque renard possède un territoire bien délimité, qui peut couvrir de 5 à 50 km² selon la nourriture disponible. Il le marque avec des glandes odorantes situées sous la queue (pas glamour, mais efficace). Les autres renards captent ces messages olfactifs et savent qu’ici, c’est chez Goupil.
Un habitat flexible
Il peut vivre :
- Dans une forêt (classique),
- En plaine ou dans les champs (on y trouve plein de rongeurs),
- Dans une ville (un renard qui traverse la rue la nuit ? Rien d’étonnant),
- Ou même en montagne, jusqu’à 2500 mètres d’altitude.
Il occupe parfois un terrier abandonné par un blaireau, un lapin ou même… un autre renard. Mais il peut aussi creuser le sien, avec plusieurs sorties pour échapper aux intrus.
Que mange le Renard ? Menu à la carte
Si le renard roux était un client au restaurant, il ne lirait même pas la carte. Il mangerait tout ce qu'il trouve. C’est un omnivore opportuniste, ce qui signifie qu’il adapte son régime à ce qu’il y a de disponible.
Son menu préféré :
- Viande du jour : petits rongeurs, lapins, oiseaux, amphibiens, insectes et même quelques poissons s’il a de la patience.
- Plat végétarien : baies, fruits, glands, champignons… tout ce qui traîne et qui se mange.
- Dessert improvisé : quelques œufs trouvés dans un nid (désolé, madame la mésange).
- Snack urbain : restes de pique-nique, croquettes pour chats oubliées sur une terrasse… Il n’a aucun scrupule à piller nos poubelles.
Bref, le renard est un as du recyclage alimentaire, ce qui le rend aussi redouté qu’utile dans la nature. Il régule les populations de rongeurs (un bon point pour les agriculteurs !) et ne rechigne pas à jouer les éboueurs quand l’occasion se présente.

Comment chasse le Renard roux ? La technique du ninja
Le renard roux a plusieurs styles de chasse, mais son coup de maître, c’est le mulotage. Oui, ce mot existe, et il décrit parfaitement sa technique :
- Il repère une proie sous la neige ou les hautes herbes en écoutant les bruits avec ses oreilles hyper sensibles.
- Il se fige, oreilles dressées, queue en l’air, concentré comme un ninja avant l’attaque.
- Il bondit à la verticale et plonge tête la première pour attraper sa cible d’un coup de mâchoire précis.
Un saut digne d’un félin, et un spectacle fascinant en hiver, surtout quand il plonge dans la neige pour en ressortir avec un mulot entre les crocs.
Le renard peut entendre des petits bruits à une distance de plusieurs mètres et localiser précisément une proie sous 30 à 50 cm de neige ou de terre meuble. Il est surtout capable de capter les ultrasons émis par ses proies, ce qui lui permet de les localiser même lorsqu’elles sont invisibles.
Quand il chasse des proies plus grosses (lapins, faisans), il mise sur l'effet de surprise et l'endurance : il traque, bondit et accélère au bon moment.
Et s’il tombe sur une abondance de nourriture, il fait des réserves : il enterre sa prise pour revenir la chercher plus tard. Problème : il oublie parfois ses cachettes…
👉Le Renard est un sacré sportif. Il est capable de sauter jusqu'à 2 mètres de hauteur. Il sait très bien nager, grimper, et peut parcourir plusieurs kilomètres pendant la nuit pour trouver de la nourriture. Côté gymnastique, il est très doué aussi et réussit à se glisser dans des espaces minuscules.

Comment se reproduit le Renard roux ?
Chez le renard roux, l’amour ne dure pas toute la vie, mais il y a quand même une certaine fidélité… temporaire. La saison des amours se déroule entre janvier et février, en plein hiver.
Durant cette période, les mâles deviennent très actifs et peuvent parcourir plusieurs kilomètres à la recherche d’une femelle réceptive. Ils marquent leur territoire avec des sécrétions odorantes et émettent des cris rauques et plaintifs (parfois dignes d’un film d’horreur la nuit !). Si vous entendez des bruits bizarres en forêt ou près de votre jardin en janvier, il y a de fortes chances que ce soit un rendez-vous galant de renards.
Lorsque monsieur trouve madame, il la suit partout, l’accompagne dans ses déplacements et tente de la séduire. Si elle est conquise, l’accouplement a lieu… et le couple reste généralement ensemble le temps de l’élevage des petits.
Le terrier : un nid douillet pour la famille
Une fois fécondée, la femelle cherche un terrier sécurisé pour mettre bas. Elle peut :
- Creuser son propre terrier, avec plusieurs sorties de secours en cas de danger.
- Recycler un terrier de blaireau ou de lapin, ce qui lui évite pas mal d’efforts.
- S’installer sous une souche, dans une grotte ou même sous une cabane, si l’endroit est discret et sûr.
La gestation dure environ 50 à 55 jours, ce qui signifie que les naissances ont lieu entre mars et avril. Pendant cette période, la femelle reste discrète et le mâle peut lui apporter à manger.
La naissance des renardeaux : petits, aveugles et fragiles
Les petits renards, appelés renardeaux, naissent aveugles, sourds et entièrement dépendants de leur mère. Ils sont recouverts d’un fin duvet gris-brun (rien à voir avec leur futur pelage roux) et ne pèsent que 100 à 150 grammes.

La portée compte généralement 4 à 6 petits, mais certaines femelles peuvent en avoir jusqu’à 10 !
Durant les trois premières semaines, la mère ne quitte pratiquement pas le terrier et allaite ses petits, tandis que le père joue les livreurs Uber Eats en ramenant de la nourriture. Peu à peu, les renardeaux ouvrent les yeux, commencent à explorer et leur pelage devient plus roux.
👉Il a été parfois observé des "ménages" à trois chez les Renards roux. 1 femelle et 2 mâles, installés dans le même terrier. Comme le Renard est très famille, les trois adultes se chargent de l'éducation des petits tous ensemble.
L’éducation des petits : une école grandeur nature
Vers un mois, les renardeaux commencent à sortir du terrier sous la surveillance de leur mère. C’est le début des jeux, qui sont en réalité un entraînement à la chasse et aux techniques de survie.
Les parents leur apprennent à :
- Attraper des proies (d’abord en leur apportant des proies mortes, puis en les laissant chasser des insectes et de petits rongeurs).
- Repérer les dangers (grâce aux signaux d’alerte de leur mère).
- Se cacher et se camoufler (une compétence essentielle pour survivre).
Les jeunes passent tout l’été à perfectionner leurs techniques. Ils deviennent de plus en plus indépendants et commencent à explorer plus loin.
Le grand départ : quand quittent-ils le terrier ?
Vers 5 à 6 mois, généralement à l’automne, les jeunes renards quittent définitivement le territoire familial pour chercher leur propre territoire.
- Les mâles partent plus loin, pouvant parcourir des dizaines de kilomètres avant de s’installer.
- Les femelles restent parfois plus proches, voire sur le territoire maternel si la nourriture est abondante.
C’est à ce moment que les jeunes renards doivent faire face aux dangers de la vie sauvage : manque de nourriture, prédateurs (loups, aigles, chiens), collisions avec des voitures et parfois la chasse.
Les plus malins et débrouillards atteindront l’âge adulte et, l’hiver suivant, reproduiront le même cycle, perpétuant ainsi la lignée des rusés goupils.

Les prédateurs du Renard
Le plus grand prédateur du renard, c’est sans surprise… l’homme. Chassé pour sa fourrure, pour de prétendus dégâts dans les élevages, ou simplement par tradition, le renard roux est traqué sans relâche.
Pire encore, les renardeaux ne sont pas épargnés : certains chasseurs n’hésitent pas à les déloger des terriers pour les abattre. Une pratique cruelle et totalement injustifiée, car le renard est un régulateur naturel des rongeurs !
Mais la chasse n’est pas sa seule menace. Les routes sont de véritables pièges mortels : chaque année, des milliers de renards finissent écrasés. À cela s’ajoutent les pesticides et les poisons destinés aux rongeurs, qui remontent la chaîne alimentaire et empoisonnent indirectement Goupil.
Dans la nature sauvage, le renard a aussi quelques ennemis naturels. Il doit se méfier du loup et du lynx, qui n’hésitent pas à s’attaquer à lui s’ils le croisent sur leur territoire. Pour les renardeaux, le danger vient du ciel : hiboux et aigles peuvent fondre sur eux et les emporter en un instant.
Malgré ces nombreux dangers, le renard reste un survivant hors pair, capable de s’adapter à presque tous les environnements… tant que l’homme ne lui complique pas trop la tâche.
Le Renard est il nuisible ?
Le renard roux traîne une mauvaise réputation, souvent exagérée. On l’accuse de voler les poules, de faire concurrence aux chasseurs et de transmettre des maladies… Mais est-ce vraiment justifié ?
🏡 Un voleur de poules… ou un opportuniste affamé ?
Oui, le renard adore les poules. Oui, il est rusé comme pas permis et peut réussir à passer des clôtures mal sécurisées. Mais il ne vole pas par plaisir : il chasse pour se nourrir. Un poulailler bien fermé, avec un grillage enterré et un toit solide, ne lui laissera aucune chance.
🎯 Un concurrent gênant pour les chasseurs
Les chasseurs ne portent pas le renard dans leur cœur… et pour cause : il chasse les mêmes proies qu’eux ! Lapins, faisans, perdrix… autant de gibier que le renard attrape naturellement, ce qui ne plaît pas aux amateurs de fusil. Pourtant, il joue un rôle clé dans l’équilibre des écosystèmes en régulant les populations de rongeurs et d’animaux malades.

🦠 Un porteur potentiel de maladies, mais pas un fléau
On l’accuse aussi de transmettre certaines maladies, comme la rage (qui a totalement disparu en France), la gale ou l’échinococcose (un parasite qui peut contaminer l’homme via ses excréments). Mais ces cas restent rares, et un simple lavage des mains après une balade en forêt suffit à écarter tout risque.
Le Renard n’est pas un animal nuisible
Depuis les années 2010, plusieurs études ont mis en évidence un fait surprenant : le renard roux joue un rôle clé dans la lutte contre la maladie de Lyme. Comment ? En régulant les populations de rongeurs, principaux hôtes des tiques porteuses de la bactérie responsable de cette maladie. Moins de rongeurs = moins de tiques = moins de risques pour l’homme. Plutôt utile, non ?
Côté santé, la plupart des maladies du renard ne sont pas transmissibles à l’homme, sauf si vous décidez d’aller le câliner (mauvaise idée) ou de croquer dans des baies non lavées trouvées sur son territoire. Un simple lavage des mains et des fruits suffit à éviter tout souci.
Dans certaines régions où les rats taupiers ravagent les cultures, le renard est un véritable allié des agriculteurs et des éleveurs. Grâce à son appétit pour les rongeurs, il protège les récoltes naturellement, sans pesticides ni poisons.
Finalement, loin d’être un nuisible, le renard est un précieux régulateur des écosystèmes, aidant aussi bien les humains que la biodiversité. Un vrai garde-forestier à quatre pattes !
Le Renard, un allié mal compris
Non, le renard roux n’est pas un nuisible. Bien au contraire, il joue un rôle essentiel dans la régulation des écosystèmes, en contrôlant les populations de rongeurs et en limitant la propagation de certaines maladies comme Lyme.
Mais malgré les preuves scientifiques de son utilité, il reste la cible privilégiée des chasseurs, qui lui reprochent de s’attaquer aux lièvres et faisans… oubliant que lui, au moins, chasse pour se nourrir et non pour le sport. De leur côté, certains éleveurs préfèrent le piéger plutôt que de sécuriser correctement leurs poulaillers avec des grillages adaptés.
Le renard ne représente aucun danger pour l’homme, et s’il dérange parfois nos activités, il ne mérite pas d’être traqué et massacré comme il l’est depuis des décennies. Il est temps de changer de regard sur cet animal aussi fascinant qu’utile, et d’apprendre à cohabiter avec lui… au lieu de lui faire la guerre.
Ref : Mnhn/ / Mag des animaux/ OFB/ FRB / ASPAS
FAQ Vos questions sur le Renard roux
Le renard est connu pour être rusé, curieux et indépendant. C’est un animal solitaire, discret et méfiant, qui préfère éviter l’homme.
Mais il peut aussi se montrer joueur, notamment les jeunes renardeaux qui passent des heures à explorer et à s’entraîner à la chasse.
Dans de nombreuses cultures, le renard symbolise l’astuce et l’intelligence. On le retrouve dans les contes et légendes comme un animal rusé, capable de se tirer des situations les plus complexes.
Mais il représente aussi l’adaptation et la survie, car il sait profiter de toutes les opportunités pour se nourrir et se protéger.
Oui, et même très ! Le renard fait preuve d’une grande intelligence adaptative. Il sait changer ses habitudes selon la saison, utiliser différentes techniques de chasse et même mémoriser des cachettes de nourriture.
Ses comportements ingénieux expliquent pourquoi il est si souvent associé à la ruse dans l’imaginaire collectif.
Le renard hurle surtout pour communiquer. Ces cris perçants, parfois effrayants en pleine nuit, servent à marquer son territoire, prévenir d’un danger ou attirer un partenaire en période de reproduction.
Les femelles, en particulier, émettent un cri strident appelé “glapissement” pour signaler qu’elles sont prêtes à s’accoupler.
En clair, si vous entendez un hurlement de renard dans la nuit, inutile de paniquer : ce n’est pas un fantôme dans la forêt, juste maître goupil qui discute à sa façon !
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