L’Églantier : le rosier sauvage qui cache des trésors
L’Églantier, c’est ce rosier sauvage qui pousse un peu partout, sans demander la permission à personne.
Avec ses jolies fleurs roses au printemps et ses fruits rouges à l’automne, il attire les regards comme les oiseaux. Mais ne vous y trompez pas : sous ses airs de douce fleur romantique, il cache aussi quelques aiguillons bien sentis.
Bref, l’églantier, c’est la version nature et piquante du rosier de nos jardins. Pas aussi apprêté, pas aussi sophistiqué… mais mille fois plus utile.
Qui est l’Églantier ?
Son petit nom latin est Rosa canina. Pas très flatteur (“rosier des chiens”), mais il le porte fièrement depuis l’Antiquité. On croyait autrefois que ses racines pouvaient soigner la rage. D’où son nom.
L’églantier appartient à la grande famille des Rosacées – autrement dit, celle des pommiers, poiriers, fraisiers, cerisiers et bien sûr des rosiers de nos jardins. Mais lui, c’est le sauvageon de la bande, celui qui préfère pousser librement dans les haies ou les friches plutôt que dans un parterre bien taillé.
Il existe plusieurs espèces d’églantiers, mais le plus répandu chez nous reste Rosa canina, qu’on croise un peu partout en Europe, en Asie occidentale et en Afrique du Nord.

Comment reconnaître l’Églantier ?
Pas besoin d’être botaniste confirmé pour le repérer. Quelques indices suffisent :
- Ses fleurs : elles apparaissent entre mai et juin. Simples, avec cinq pétales, blanches à rosées, et un parfum léger mais bien présent. Oubliez les fleurs “pompom” du rosier de jardin, ici on fait dans la sobriété.
- Ses fruits : les fameux cynorrhodons, petits fruits rouges allongés qui arrivent en automne. Riches en vitamine C, mais on ne va pas trop s’y attarder ici, tu as déjà tout un article pour eux.
- Ses feuilles : composées de 5 à 7 folioles dentées, elles ont l’air de petites mini-feuilles de rosier (logique, c’en est un).
- Ses tiges : garnies d’aiguillons recourbés, histoire de vous rappeler qu’on ne le manipule pas sans gants.
Petit plus : son port buissonnant, souvent désordonné, le rend facile à distinguer. L’églantier, c’est la chevelure ébouriffée du monde végétal.
Où pousse l’églantier ?
La réponse est simple : presque partout !
On le retrouve :
- dans les haies champêtres,
- au bord des chemins,
- dans les clairières et lisières de forêts,
- dans les friches et talus,
- parfois même dans les jardins laissés un peu tranquilles.
Il affectionne les sols bien drainés, qu’ils soient calcaires ou argileux, et il adore le soleil. L’églantier n’est pas difficile : il s’adapte aux conditions rudes et peut pousser jusqu’à 1500 m d’altitude.
C’est une plante pionnière, c’est-à-dire qu’elle colonise facilement les terrains délaissés. Si vous voyez une friche pleine de buissons piquants, il y a de fortes chances qu’il soit de la partie.
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L’Églantier est-il comestible ?
Oui, mais avec un petit mode d’emploi.
Les cynorrhodons sont extrêmement riches en vitamine C, mais aussi remplis de poils urticants (d’où leur surnom de “gratte-cul”). Il faut donc les transformer avant de les consommer : en confiture, en sirop, en gelée, en soupe nordique… Et là, c’est un délice.
Ses pétales, eux, peuvent parfumer des tisanes ou des desserts.
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L’Eglantier au jardin : ami ou cauchemar ?
Planter un églantier au jardin, c’est accepter qu’il prenne ses aises. Il ne demande pas beaucoup d’entretien, mais il sait s’imposer.
- Ses avantages :
- Il attire une foule d’insectes pollinisateurs au printemps.
- Il nourrit les oiseaux à l’automne et en hiver.
- Ses racines aident à stabiliser les talus.
- Il résiste à la sécheresse et au froid.
- Ses inconvénients :
- Ses aiguillons rendent le désherbage ou la taille parfois sportif.
- Il a tendance à se ressemer facilement, donc il peut vite coloniser plus que prévu.
En résumé : au jardin, c’est un allié… tant qu’on accepte son côté “piquant”.

Comment gérer l’Eglantier ?
Quelques conseils pratiques :
- La plantation : l’automne est le meilleur moment. Choisissez un coin ensoleillé, il n’aime pas trop l’ombre dense.
- Le sol : pas de chichis, il s’adapte à presque tout. Un sol drainé lui suffit.
- L’entretien : pas besoin d’engrais, il se débrouille très bien tout seul. Un petit paillage pour retenir l’humidité en été, et c’est réglé.
- La taille : si vous voulez le contenir, taillez-le en hiver, mais attention aux épines. Vous pouvez aussi le laisser pousser librement en haie champêtre.
- La multiplication : il se ressème facilement tout seul. Mais si vous voulez en replanter, le bouturage et le semis sont possibles.
Au fond, l’églantier est un champion de l’autonomie : une fois installé, il gère sa vie sans vous.
La gale de l’églantier : un phénomène naturel
Si vous observez parfois de drôles de boules vertes, rouges ou chevelues sur les rameaux de l’églantier, pas de panique ! Il s’agit de la gale du rosier sauvage, aussi appelée bédégar. Elle est provoquée par un petit insecte, le cynips de l’églantier (Diplolepis rosae), qui pond ses œufs dans les jeunes tiges.
Les larves, en se développant, stimulent la plante et forment cette excroissance végétale. C’est spectaculaire, mais cela ne met pas l’arbuste en danger : l’églantier continue à fleurir et fructifier normalement.
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Symboles et légendes autour de l’Eglantier
Comme beaucoup de plantes sauvages, l’églantier a inspiré contes et légendes.
Il est souvent associé à la beauté simple et à la nature sauvage. Dans certaines traditions, on le voyait comme un protecteur, ses épines éloignant les esprits malveillants.
Et bien sûr, qui dit rosier sauvage dit… amour piquant. Dans le langage des fleurs, l’églantier symbolise la modestie, l’amour pur, mais aussi la douleur des passions difficiles. Bref, pas étonnant qu’il ait inspiré tant de poètes.
Un arbuste ami de la biodiversité
S’il y a bien une raison de le garder au jardin, c’est ça.
Ses fleurs attirent une multitude de pollinisateurs (abeilles, papillons, syrphes…). Ses fruits, eux, nourrissent une ribambelle d’oiseaux en automne et en hiver. Quant à ses branches épineuses, elles servent d’abri aux petits mammifères et aux oiseaux nicheurs.
L’églantier, c’est l’hôtel-restaurant tout-en-un de la faune sauvage. Pas besoin de réservation, les chambres sont toujours libres.

FAQ Vos questions sur l’Eglantier
Un rosier greffé peut parfois rejeter depuis sa base. Ces rejets proviennent du porte-greffe, qui est souvent un églantier. Si on les laisse pousser, ils prennent le dessus et le rosier cultivé finit par disparaître, donnant l’impression que le rosier “se transforme” en églantier.
L’églantier est une plante robuste : pour s’en débarrasser, il faut couper les tiges au ras du sol et arracher les rejets avec leurs racines. Cela demande parfois plusieurs passages pour épuiser la plante.
⚠️ Surtout pas de glyphosate ! Ce désherbant est toxique pour l’environnement, les sols et la biodiversité.
On taille les églantiers à la fin de l’hiver ou au début du printemps, avant le redémarrage de la végétation. La taille permet de contenir leur vigueur et de favoriser une floraison plus équilibrée.
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