Le Syrphe ceinturé : un pollinisateur incontournable
Le Syrphe ceinturé, c’est cet insecte à la fine silhouette que l'on croise souvent dans nos jardins sans vraiment le remarquer. Discret, tout en finesse, il aime jouer les trompe-l’œil. II se déguise en guêpe pour impressionner les plus curieux… et ça marche !
Beaucoup se laissent duper par son look rayé, mais pas de panique, vous n'avez rien à craindre de sa part, car c'est une mouche !
Cet as de la discrétion est un allié précieux dans nos jardins. Silencieusement, il se faufile ici et là pour donner un coup de pouce à la nature. Un sacré allié du jardinier !
Qui est le Syrphe ceinturé ?
Le Syrphe ceinturé, membre de la famille des Syrphidés (Syrphidae). C’est un vrai petit malin du jardin. En bon diptère (insecte à deux ailes), il s’est spécialisé dans l’art de la tromperie : avec ses rayures jaunes et noires, sa forme allongée et sa pointe de blanc, il imite les guêpes et les abeilles comme un pro.
Pourquoi tout ce cinéma ? Pour éviter les embrouilles ! Mieux vaut passer pour un dur et faire mine de bourdonner que de risquer d’être gobé par un prédateur distrait.
Mais ne vous laissez pas berner, il n’a rien de piquant ! Ce petit as de l’illusion, mesure à peine 1 cm et se distingue par un vol stationnaire impeccable, planant en suspension comme un hélicoptère au-dessus des fleurs. Et s'il le faut, il sait accélérer en un clin d’œil.
Le Syrphe est il dangereux ?
Le Syrphe ceinturé (Episyrphus balteatus), c’est la reine du bluff au jardin ! Une mouche en tenue de guêpe ! Pourquoi ce look rayé ? Juste un petit stratagème pour impressionner les autres insectes… et, par inadvertance, nous aussi. Résultat : nombreux sont ceux qui fuient à la simple vue de cette pseudo guêpe, persuadés qu’une piqûre les guette.
En réalité, pas de dard ni d’attaque en vue. Ni même de bruit. Le Syrphe est une mouche silencieuse dont vous n'avez rien à craindre. A moins d'avoir peur des mouches, bien entendu...
Avec ses ailes toutes fines et transparentes, il ne vit que 2 à 4 semaines, mais n’hésite pas à migrer sur de longues distances si la nourriture vient à manquer. Un vrai baroudeur toujours prêt à partir en road trip pour trouver le spot parfait !

Comment vit le Syrphe ceinturé ?
Le Syrphe ceinturé est fidèle au poste de mars à octobre dans nos régions tempérées. C'est un véritable pro de la pollinisation ! Dès que les beaux jours arrivent, il émerge, prêt à se mettre au travail. Son quotidien ? Passer de fleur en fleur pour se régaler de nectar et de pollen, tout en assurant discrètement le transport des précieux grains de pollen. C’est le marathonien du jardin : il passe ses journées à faire des allers-retours entre les fleurs, sans jamais se lasser.
Dans les jardins, les vergers, les potagers, et même les champs, le Syrphe ceinturé est un allié inestimable pour les plantes. En gros travailleur qu'il est, il booste la production de fruits et de légumes, un peu comme un mini agriculteur zélé en costume rayé.
Comment se reproduit le Syrphe ceinturé ?
La période de reproduction du Syrphe se situe entre le printemps et l'été. Les mâles recherchent activement les femelles et utilisent des signaux visuels et chimiques pour les attirer. L'accouplement a lieu en vol, où le mâle saisit la femelle par l'abdomen à l'aide de ses appendices génitaux.
Après l'accouplement, la femelle pond ses œufs sur des plantes spécifiques. Pour pondre ses œufs, le Syrphe va de préférence choisir certaines variétés de plantes. Il choisit souvent des plantes telles que les ombellifères (Apiacées) comme le Persil, la Carotte sauvage, le Fenouil, ainsi que d'autres plantes comme la Berce, l'Achillée millefeuille, le Trèfle et certaines espèces de Marguerites.

Les larves du Syrphe ceinturé se nourrissent des pucerons et d'autres insectes nuisibles qui se trouvent sur les plantes. Avant d'atteindre l'état adulte (imago), les larves évoluent entre 3 et 6 semaines. La durée exacte peut varier en fonction de facteurs tels que la température ou l'abondance de proies (comme les pucerons).
En pondant ses œufs sur des plantes infestées de pucerons, le Syrphe ceinturé contribue à réguler naturellement les populations de ces insectes ravageurs. Une larve peut manger jusqu'à 300 pucerons par nuit. Un bon prédateur pour les plantes attaquées par les pucerons !
Pour accueillir des Syrphes dans votre jardin, il faut leur installer des fleurs mellifères et des lieux pour pouvoir passer l'hiver. Vous aurez grâce à ces petits insectes des auxiliaires supplémentaires pour protéger votre jardin, sans avoir besoin de recourir aux produits chimiques.
Le Syrphe et la lutte biologique
Le Syrphe ceinturé, en plus de son look de guêpe nonchalante, est un champion de la lutte biologique ! Eh oui, cet as du déguisement n’est pas seulement là pour faire joli ou butiner de fleur en fleur.
Ses larves, elles, se lancent dans une mission secrète : dévorer les pucerons ! Une seule larve de Syrphe peut engloutir jusqu’à plusieurs centaines de ces petits parasites en quelques jours. Résultat ? Moins de pucerons, des plantes plus saines, et zéro insecticide chimique nécessaire.

Les femelles Syrphes choisissent souvent des sites de ponte près des colonies de pucerons. Elles assurent ainsi une source immédiate de nourriture pour leurs larves dès leur éclosion. Ce comportement maximise la survie des larves, qui consomment les pucerons à un rythme impressionnant, contribuant ainsi efficacement à la lutte biologique contre ces ravageurs dans les jardins et les cultures
Dans les jardins comme les potagers, ce faux dur est donc un véritable allié naturel, qui œuvre discrètement pour maintenir l’équilibre écologique. Les femelles Syrphe peuvent pondre jusqu'à 1 millier d'œufs, au milieu des colonies de pucerons.
Des fleurs pour les Syrphes
Des recherches ont montré que des bandes fleuries, comme celles de Phacélie, autour des champs cultivés, sont très efficaces pour attirer les Syrphes.
La Phacélie, plante mellifère par excellence, est particulièrement appréciée pour ses ressources en nectar et pollen, des atouts qui favorisent l'installation des syrphes adultes et donc leur reproduction à proximité des cultures. Les bordures de Phacélie créent un environnement accueillant pour ces pollinisateurs, tout en offrant un habitat et des ressources stables aux larves, essentielles pour la lutte biologique contre les pucerons.
En combinant des zones fleuries variées (phacélie, carotte sauvage, centaurée) et des habitats non cultivés (haies, bandes herbacées), les agriculteurs peuvent augmenter la présence de ces auxiliaires tout en réduisant les pesticides
Le Syrphe en voie de disparition !
Selon une étude récente de l'UICN, les Syrphes sont en danger de disparition. Comme de nombreuses espèces d'insectes pollinisateurs ils souffrent du réchauffement climatique, des produits chimiques, des pesticides épandus dans les champs, des insecticides vaporisés dans les jardins, et de la disparition de ses écosystèmes (friches, des prairies naturelles, espaces fleuris etc.)
Sa disparition, comme celle des abeilles, est très problématique, car ce sont ces insectes qui pollinisent le plus. Nous leur devons toutes les récoltes de nos potagers, vergers et champs. Sans eux notre alimentation ne serait plus assurée.
Reférences : Le Monde des insectes / MNHN / Ecophytopic / Terres inovia
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