Le Bourdon des champs, un pollinisateur infatigable
Le Bourdon des champs, fluffy, bruyant et toujours affairé, il ne passe pas inaperçu ! Ce petit bolide poilu fait partie des meilleurs pollinisateurs du jardin. Contrairement à l’abeille domestique, il n’a pas peur de sortir par mauvais temps et se met au travail dès les premiers rayons du soleil.
Mais qui est-il vraiment ? Où vit-il et pourquoi est-il si important pour la nature ? Plongée dans le monde fascinant de ce bourdon infatigable.
Qui est le Bourdon des champs ?
Le bourdon des champs, aussi appelé Bombus pascuorum, est un insecte hyménoptère qui appartient à la famille des Apidés (Apidae). La même famille que les abeilles domestiques et les autres bourdons. Si vous croisez une boule poilue, et un peu rousse, qui bourdonne allégrement autour de vos fleurs, il y a de fortes chances que ce soit lui !
Le bourdon des champs (Bombus pascuorum) est principalement présent en Europe (Italie, Espagne, Allemagne, Scandinavie etc). Il est également présent dans certaines régions d'Asie occidentale, comme la Turquie.
Où vit-il ?
Le bourdon des champs est un voyageur plutôt sédentaire, mais il a su s’installer dans une bonne partie de l’Europe, de l’Italie à la Scandinavie, en passant par l’Allemagne et l’Espagne. On le retrouve aussi dans certaines régions d’Asie occidentale, notamment en Turquie.
Ses préférences ? Les prairies, jardins, bords de chemins et lisières de forêts où il trouve facilement de quoi butiner. Tant qu’il y a des fleurs, il est heureux !

Comment reconnaitre un Bourdon des champs ?
Le bourdon des champs, c’est un mini costaud du jardin. Pas aussi impressionnant que son cousin le bourdon terrestre, mais bien assez trapu pour ne pas passer inaperçu.
Avec sa fourrure rousse sur le dessus du corps et son abdomen dans des tons bruns-beige, il a un petit côté champêtre tout à fait charmant. Pas de grosses rayures flashy comme chez d’autres bourdons, ici on joue la discrétion avec quelques poils plus foncés qui dessinent des bandes légères.
Côté taille, on est loin du géant des bourdons :
- La reine mesure entre 15 et 18 mm (c’est elle la patronne).
- Les ouvrières, qui bossent toute la journée, font entre 9 et 15 mm.
- Les mâles, eux, sont entre 12 et 14 mm et n’ont qu’un objectif dans la vie : trouver une reine.
Bref, pas le plus grand de la bande, mais certainement l’un des plus actifs ! Grâce à sa langue relativement longue, il peut butiner une grande variété de fleurs, et contrairement aux abeilles plus frileuses, il continue de travailler même quand il fait un peu frais. Un vrai bosseur !
Le bourdon des champs pique-t-il ?
Oui… mais seulement si vous lui cherchez des noises !
Le bourdon des champs n’a aucune envie de se battre. Il est bien trop occupé à butiner, transporter du pollen et vivre sa meilleure vie dans les prairies. Pour qu’il pique, il faut vraiment l’embêter, le coincer dans un vêtement ou lui marcher dessus. Bref, si vous le laissez tranquille, il fera de même, aucune chance qu'il se jette sur vous pour le plaisir de vous piquer.
Et en plus, tout dépend de qui vous croisez.
- Si c’est une femelle (reine ou ouvrière), elle peut piquer, mais elle n’en a pas franchement envie. Contrairement aux abeilles, elle ne perd pas son dard après une piqûre et peut donc recommencer. Mais franchement, elle a mieux à faire !
- Si c’est un mâle, il est totalement inoffensif. Pourquoi ? Parce qu’il n’a tout simplement pas de dard.
Alors plutôt que de tester son degré de patience, mieux vaut l’observer sans le toucher. Vous éviterez une piqûre, et lui, une mauvaise chute. Après tout, il est petit, poilu, et fragile... pas un gladiateur !

Où et comment vit le Bourdon des champs ?
Le bourdon des champs n’est pas du genre difficile. Il s’installe partout où il y a des fleurs à butiner et un coin tranquille pour fonder son nid. Prairies, prés, pâturages, jardins, parcs, lisières de forêts… il se sent chez lui tant qu’il y a du pollen à récolter !
Et en plus, c’est un vrai caméléon de l’habitat. Contrairement à d’autres espèces plus exigeantes, il s’adapte aussi bien aux campagnes fleuries qu’aux zones urbaines. Oui, même en ville, il peut élire domicile sous un tas de feuilles, dans un vieux mur en pierre ou même dans un nichoir abandonné.
Côté organisation, les bourdons des champs vivent en colonies, dirigées par une reine qui pond des œufs et gère la petite société avec une armée d’ouvrières infatigables. Une colonie peut compter plusieurs centaines d’individus, bien moins que les ruches des abeilles domestiques, mais assez pour assurer une bonne pollinisation des alentours.
Le bourdon des champs est aussi un lève-tôt et un couche-tard. Contrairement aux abeilles plus frileuses, il est capable de voler dès les premières fraîcheurs du matin et continue son boulot même quand le ciel est couvert. Un vrai bosseur, toujours en quête de nectar !
Que mange le Bourdon des champs ?
Comme tous les bourdons, le bourdon des champs est un grand gourmand, et son menu est simple mais efficace : nectar et pollen.
Le nectar : son carburant sucré
Le nectar, c’est un peu la boisson énergisante naturelle des pollinisateurs. Produit par les fleurs pour attirer les insectes, il est riche en sucres et donne au bourdon l’énergie nécessaire pour voler de fleur en fleur toute la journée. Grâce à sa langue allongée (proboscis), il aspire le nectar au fond des corolles comme une paille bien rodée.

Le pollen : sa dose de protéines
Le pollen, lui, c’est plutôt sa source de protéines et de nutriments. Essentiel pour la croissance des larves, il est collecté avec soin et stocké sur ses pattes arrière dans des petites « poches » appelées corbeilles à pollen. Avec ces petites boules dorées accrochées aux pattes, le bourdon des champs fait des allers-retours jusqu’au nid, où le pollen servira à nourrir les larves affamées.
Un garde-manger à ciel ouvert
Ce bourdon n’est pas difficile et butine une grande variété de fleurs sauvages et cultivées : trèfle, lavande, ronces, bourrache, pissenlit, sauge… Il s’adapte en fonction des saisons et des ressources disponibles, ce qui en fait un pollinisateur clé pour de nombreuses plantes. Le Sedum (Orpin) avec ses fleurs généreuses et riches en nectar, est une véritable cantine ouverte pour de nombreux insectes pollinisateurs.
Les larves, elles, ont un menu unique
Pendant que les adultes alternent entre nectar et pollen, les larves se nourrissent exclusivement de pollen. Les ouvrières leur apportent de quoi grandir dans le nid, jusqu’à leur métamorphose en adultes prêts à prendre le relais.
En résumé, le bourdon des champs est un vrai bosseur, carburant au sucre et aux protéines, qui fait le bonheur des jardins et des prairies !
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Comment se reproduit le Bourdon des champs ?
Le bourdon des champs suit un cycle annuel bien rodé, avec une reine en tête d’orchestre et une colonie qui se renouvelle chaque année. Contrairement aux abeilles domestiques qui vivent en colonies pérennes, chez les bourdons, tout le monde meurt à la fin de la saison… sauf les jeunes reines !

Fondation de la colonie : tout commence avec une reine
Au printemps, une reine fécondée émerge de son hibernation. Affamée mais déterminée, elle se met en quête d’un bon endroit pour établir son nid. Pas trop exposé, plutôt discret : un trou dans le sol, un terrier abandonné, un tas de mousse ou même un coin protégé sous une pierre feront parfaitement l’affaire.
Une fois installée, elle s’improvise bâtisseuse et construit de petites cellules de cire, où elle pond ses premiers œufs. Mais elle ne s’arrête pas là : en attendant l’éclosion, elle butine sans relâche, stockant nectar et pollen pour nourrir les futures larves.
Elles passent par plusieurs stades de développement, augmentant de taille jusqu'à atteindre leur taille maximale avant de se transformer en nymphes et finalement en adultes.
Une fois qu'elles atteignent le stade d'adulte, les bourdons ne se nourrissent plus de pollen et passent à un régime alimentaire basé principalement sur le nectar.
L’arrivée des ouvrières : les premières recrues
Après quelques jours, les œufs éclosent et donnent naissance à des larves affamées. Heureusement, maman bourdon a tout prévu ! Elle leur fournit un repas riche en protéines : une bouillie de pollen qu’elle fabrique en mélangeant pollen, nectar et sécrétions salivaires.
Grâce à ce régime ultra-nutritif, les larves grossissent rapidement, passant par plusieurs stades avant de se transformer en nymphes, puis en adultes.
Les premières à émerger sont des ouvrières stériles, qui prennent immédiatement le relais de la reine et elles :
- collectent la nourriture,
- construisent et agrandissent le nid,
- protègent la colonie.
Pendant ce temps, la reine ne fait plus que pondre, assurant la croissance continue de la colonie.

L’heure de la relève : naissance des mâles et des futures reines
En fin d’été, quand la colonie est bien développée, la reine décide qu’il est temps de passer le flambeau. Elle pond alors des œufs spéciaux qui donneront naissance à des mâles (faux-bourdons) et à de nouvelles reines.
Contrairement aux ouvrières, ces nouvelles reines ne sont pas stériles et auront pour mission de fonder leur propre colonie l’année suivante.
Les mâles, eux, ont une vie courte et un seul objectif : trouver une jeune reine et s’accoupler. Une fois leur mission accomplie, ils meurent peu de temps après… Pas de retraite paisible pour eux !
La grande dispersion et l’hibernation des reines
Une fois fécondées, les nouvelles reines quittent le nid et cherchent un endroit où passer l’hiver : une fissure abritée, un tas de feuilles, un trou dans le sol… Elles entrent alors en hibernation jusqu’au printemps, où elles se réveilleront pour recommencer le cycle et fonder une nouvelle colonie.
Pendant ce temps, l’ancienne reine, les ouvrières et le reste de la colonie déclinent et finissent par disparaître à l’arrivée des premiers froids. La relève est assurée, et le bourdon des champs repart pour un tour !
Le développement des larves : de minuscules gloutons
Les larves de bourdons sont de petits tubes blancs, affamés dès leur éclosion. Elles se nourrissent exclusivement de pollen, apporté par les ouvrières et stocké dans le nid.
Les ouvrières mélangent le pollen avec du nectar et leurs sécrétions pour fabriquer un "pain d’abeille", une pâte nourrissante que les larves dévorent avidement. Grâce à ce régime ultra-protéiné, elles grandissent vite et passent rapidement au stade de nymphe, avant d’émerger sous forme d’adultes prêts à assurer la survie de la colonie.
Les prédateurs du Bourdon des champs
Les Oiseaux : les oiseaux insectivores, tels que les étourneaux, les pies, les hirondelles et les martinets, peuvent chasser les bourdons en vol ou attraper ceux qui se trouvent à proximité des nids.
Les araignées : les araignées peuvent attraper les bourdons qui se retrouvent pris dans leurs toiles. Certaines espèces d'araignées chassent aussi directement les bourdons qui se posent sur les fleurs.
Guêpes parasitoïdes : certaines espèces de guêpes parasitoïdes, telles que les guêpes du genre Psithyrus, sont des parasites sociaux des bourdons. Elles pénètrent dans les nids de bourdons, tuent ou éliminent la reine, puis pondent leurs propres œufs pour que leurs larves se nourrissent du pollen et des larves de bourdons.
Rongeurs : comme les souris, peuvent attaquer les nids de bourdons pour se nourrir des larves ou des réserves de pollen.
Prédateurs terrestres : les lézards, grenouilles, les insectes prédateurs et les arthropodes, peuvent également s'attaquer aux bourdons.

Le Bourdon un insecte utile à la biodiversité
Comme beaucoup d'insectes le Bourdon des champs est utile à l'équilibre des jardins, et à la pollinisation. Lorsqu'il passe de fleur en fleur pour se nourrir de nectar il emporte sur les poils de son corps des grains de pollen. Il déposera ces grains sur la fleur qu'il visitera ensuite, et participera ainsi, sans même le savoir, à la pollinisation des fleurs.
Tous les insectes sont sensibles aux produits chimiques qui sont encore (malheureusement) pulvérisés dans les jardins pour lutter contre certains insectes considérés comme nuisibles.
Ces produits détruisent tous les insectes y compris ceux qui sont essentiels au bon équilibre d'un jardin. Ces produits pulvérisés restent aussi présents sur les légumes (que nous mangerons) et finirons dans le sol qu'ils pollueront.
Si vous devez traiter votre jardin, optez toujours pour une lutte avec des produits ou des techniques naturelles. Il en existe un très grand nombre. Comme les larves de Coccinelles pour lutter contre les pucerons. Les produits chimiques et pesticides sont responsables de la disparition d'une grande partie des insectes, oiseaux et mammifères qu'ils empoisonnent régulièrement. Ils empoissonnent aussi les aliments que nous mangeons. Ils sont donc à bannir de nos potagers, vergers et jardins.
Comment reconnaitre les bourdons ?
Pas toujours évident de reconnaître les bourdons qui se promènent dans nos jardins. Voici les principaux
- Le bourdon des pierres : avec son derrière orange et son dos noir
- Le bourdon terrestre avec son derrière blanc et ses deux rayures jaunes
- Le Bourdon des jardins : avec son derrière blanc et ses 3 rayures jaunes



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