La Crambe maritime, le chou des plages
Plantes sauvages

La Crambe maritime : le chou qui bronze sur la plage (et qu’on ne touche pas)

La Crambre maritime ! Imaginez un chou un peu punk, qui déteste les potagers bien rangés et préfère faire la crâneuse sur les plages bretonnes ou normandes. Un chou qui pousse les pieds dans le sable, les feuilles au vent, avec une vraie dégaine de plante libre et iodée.

Ce chou-là, c’est la Crambe maritime. Et croyez-le ou non, ce chou sauvage est aussi rare que stylé.

La Crambre maritime : un chou des sables, vraiment ?

Oui, la Crambe maritime (Crambe maritima, pour les intimes) est bel et bien un chou. Elle fait partie de la grande famille des Brassicacées, autrement dit la famille du Colza, du Cresson et de la Moutarde. Mais contrairement à ses cousines potagères bien disciplinées, la crambe a choisi une autre voie : la vie en bord de mer.

C’est une plante vivace, robuste, avec de grandes feuilles épaisses, bleu-vert, un peu fripées comme si elles avaient trop pris le soleil.

En été, elle dégaine de jolies grappes de fleurs blanches qui attirent les pollinisateurs. Et quand on la voit pousser fièrement au milieu des galets ou des dunes, on se dit que c’est peut-être la seule plante qui a compris comment survivre à une journée à la plage sans parasol.

Où croiser la Crambe ?

On la trouve (parfois) sur les littoraux de la Manche et de l’Atlantique : Normandie, Bretagne, Vendée, un peu en Charente-Maritime. Mais il faut avoir l’œil : la crambe maritime ne pousse pas en colonies serrées comme les oyats ou les ronces. Elle aime l’espace, la solitude, le calme. C’est une plante contemplative. Méditative, presque.

Mais ne vous laissez pas tromper par son air zen. C’est une coriace. Elle résiste au sel, au vent, au soleil brûlant. Elle pousse là où le sol semble inexistant. En revanche, ce qu’elle ne supporte pas, ce sont les randonneurs distraits qui la piétinent, les gamins qui jouent au foot sur elle, ou les gourmets mal informés qui veulent l’ajouter à leur poêlée sauvage.

Ne vous précipitez pas avec votre panier en osier. Cette plante comestible est protégée en France. Et pour cause : elle est devenue rare, notamment à cause du piétinement, des cueillettes sauvages (coucou les gourmets un peu trop zélés), de l’érosion, et de l’aménagement des côtes.

La Crambe maritime est elle comestible ?

Oui. Enfin… non. Enfin… c’est compliqué.

Historiquement, la Crambe maritime était bel et bien un légume. En Angleterre, on la cultivait au potager au XVIIIe siècle, on la forçait à la manière des asperges, et on la servait avec du beurre fondu. Ses jeunes feuilles ont un goût de chou doux, presque sucré, légèrement salin. Une vraie curiosité botanico-gastronomique.

Mais aujourd’hui, à l’état sauvage, elle est intouchable. Elle figure sur la liste des espèces protégées. On ne la ramasse pas, on ne la goûte pas, on la regarde – et on la remercie de survivre malgré tout.

Et si on veut cultiver de la Crambe maritime ?

Là, oui, vous avez le droit. La Crambe maritime peut se semer au jardin, pour peu que vous lui offriez un petit coin sec, ensoleillé, bien drainé, si possible un peu sablonneux. Elle déteste l’humidité stagnante et les terres lourdes.

La Crambe pousse lentement, met du temps à s’installer, mais une fois bien enracinée, elle devient une vraie résistante. Elle supporte la sécheresse, le sel, le vent… Bref, une plante idéale pour un jardin maritime ou un pot en terrasse, façon balcon côtier.

Et en bonus ? Elle est belle. Franchement belle. Elle a même un petit côté ornemental, avec ses fleurs légères et son feuillage texturé. Et surtout, elle est originale : qui peut se vanter d’avoir un chou marin chez lui ?

Crambe maritime fleurs
Crambe maritime fleurs

La Crambe maritime, une plante qui protège les plages

On l’oublie souvent, mais les plantes des littoraux sont parmi les plus exposées au changement climatique. Montée des eaux, intensification des tempêtes, urbanisation des plages… Malgré tout ça, la crambe maritime continue à jouer un rôle de première ligne.
Ses racines puissantes aident à stabiliser les dunes, à limiter l’érosion, et à maintenir un sol vivant. Elle fait partie de ces plantes pionnières qui préparent le terrain pour d’autres espèces végétales. Sans elle, certaines zones dunaires s’effondreraient littéralement.
Pas mal pour un chou qui a l’air de se la couler douce les pieds dans le sable.

Au-delà de son look et de sa saveur oubliée, la Crambe joue aussi un rôle écologique important. Elle participe à la fixation des sols en bord de mer, limite l’érosion des dunes, et nourrit toute une petite faune d’insectes, notamment les pollinisateurs. Bref, elle fait le job, discrètement, sans se plaindre.

Alors oui, elle est discrète, méconnue, mais elle mérite clairement sa place parmi les plantes utiles et précieuses de notre littoral. Une sorte de chou militant, en somme. Pas mal pour un chou qui a l’air de se la couler douce les pieds dans le sable.

Une plante presque oubliée

Ce qui est fou avec la Crambe maritime, c’est qu’on l’a presque oubliée. Pourtant, elle a fait partie des légumes cultivés il y a quelques siècles. Elle était présente dans les potagers des botanistes, des monastères, des nobles curieux de “choses nouvelles”. Et puis… elle est tombée dans l’oubli. Trop lente, trop locale, trop peu productive.

Aujourd’hui, certains passionnés la remettent à l’honneur, en permaculture, en jardin-forêt, ou dans les potagers en climat difficile. Car elle coche toutes les cases : belle, bonne, rustique, zéro soin, zéro traitement. Bref, elle revient doucement par la petite porte, comme beaucoup de plantes “oubliées” qui n’ont jamais démérité.

Chou maritime ou Crambe maritime protégée
Chou maritime ou Crambe maritime protégée

La Crambe maritime, une plante sous surveillance

La Crambe maritime est aujourd’hui protégée en France, et ce n’est pas pour rien. Elle figure sur plusieurs listes rouges d’espèces menacées, et sa cueillette est strictement interdite dans la quasi-totalité des départements littoraux.
Elle est aussi surveillée au niveau européen, dans le cadre de la directive « Habitats Faune Flore ». Des botanistes réalisent régulièrement des inventaires pour suivre l’évolution de ses populations, et les mauvaises nouvelles sont fréquentes : certaines stations ont disparu, remplacées par des parkings ou des pistes cyclables bétonnées.
Alors quand vous croisez une Crambe en fleur sur une plage sauvage, dites-vous bien que c’est un petit miracle. Et surtout, un trésor à préserver.

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