Le Scarabée japonais, l’indésirable voyageur
Depuis quelques années, un petit insecte venu d’Asie commence à faire parler de lui en Europe, et notamment en France. Il ne s’agit pas d’un simple Scarabée inoffensif, mais bien de Popillia japonica, plus connu sous le nom de Scarabée japonais. Une terreur !
Ce gourmand insatiable s’attaque à nos jardins et à nos cultures, laissant un champ de ruine sur son passage. Si vous ne l’avez pas encore croisé, il est grand temps de faire connaissance. Car ce terrible petit envahisseur pourrait bien venir bouleverser votre jardin un de ces jours.
Mais pas question pour autant de vous débarrasser de tous les Scarabées que vous croisez. Car, nos Scarabées et Hannetons locaux ne méritent pas le même sort que cet indésirable invité surprise, loin de là.
Alors autant apprendre tout de suite à le reconnaître.
Le Scarabée japonais, l’envahissant voyageur
Le Scarabée japonais, ou Popillia japonica, est un insecte de la famille des Scarabéidés (Scarabaeidae).
Originaire du Japon, cet insecte a été introduit accidentellement aux États-Unis au début du 20e siècle, provoquant d’importants dégâts. Aujourd’hui, il s’installe peu à peu en Europe, et plus récemment en France.
Attention, ce n’est pas un simple touriste ! Le Scarabée japonais est un véritable fléau pour les cultures.

Comment reconnaître le Scarabée japonais ?
Le Scarabée japonais est reconnaissable à plusieurs détails caractéristiques :
- Taille : il mesure entre 10 et 12 mm, ce qui le place dans la catégorie des petits Scarabées.
- Couleurs vives : tête et thorax vert métallique, avec des élytres brun cuivré.
- Signes distinctifs : six petites touffes de poils blancs sur chaque côté de l’abdomen qui forment comme des points blancs très nets. Deux touffes de poils blancs supplémentaires à l’extrémité à l'arrière de son corps, comme deux taches blanches. Ces détails permettent de le distinguer facilement de ses "cousins" qui n'en ont pas !
L'indésirable insecte voyageur
Le Scarabée japonais aime voyager. Et tous les moyens sont bons pour lui. Pot de fleur, plante, valise, voiture, avion ou vol. Tout moyen de transport est acceptable pour lui, pourvu qu'il voyage !
Raison pour laquelle il faut toujours vérifier ce que vous ramener dans vos bagages, surtout si vous transportez des plantes d'une région à une autre. En tant qu'invité indésirable, il n'hésitera pas à se glisser dans un petit coin pour gagner une nouvelle région.
Mais il est aussi capable de se déplacer tout seul, sans l'aide des humains. Car contrairement à nos Scarabées et Hannetons locaux, le Scarabée japonais, de petite taille, est capable de bien voler. Il est capable de parcourir quelques kilomètres pour aller rejoindre un autre jardin.
Ne pas confondre le Scarabée japonais et les autres scarabées
Vous pourriez facilement confondre le Scarabée japonais avec d'autres espèces communes en France. Ce qui peut être un peu gênant, car nos scarabées locaux ne sont pas tous nuisibles, voir même, ils nous sont utiles.
Donc, regardez bien le scarabée que vous avez repéré avant de décider s'il s'agit du Scarabée japonais. Certaines différences notables permettent de bien le distinguer de nos scarabées locaux !
- Le Hanneton commun (Melolontha melolontha) :
Il est bien plus grand, mesurant entre 20 et 30 mm. Contrairement au Scarabée japonais, ses élytres sont d'un brun uniforme, sans les reflets métalliques ni les touffes de poils blanches caractéristiques. - Le Scarabée des jardins (Phyllopertha horticola) :
De taille similaire au Scarabée japonais, il arbore une teinte brune avec une tête et un thorax vert foncé, mais sans les taches blanches caractéristiques du Popillia japonica que l'on repère bien sur les côtés et sur l'arrière train de celui ci. C'est sans doute ce Scarabée là qui ressemble le plus au Scarabée japonais. Alors prudence ! - La Cétoine dorée (Cetonia aurata) :
Avec son vert métallisé, la Cétoine peut prêter à confusion. Cependant, elle est plus grande (14 à 20 mm) et présente une surface lisse sans poils. La Cétoine est totalement inoffensive pour les cultures et se nourrit surtout de fleurs et de fruits abîmés, contrairement au Scarabée japonais qui s’attaque aux plantes en pleine santé.



Les ravages du Scarabée japonais
Le Scarabée japonais est réputé pour sa voracité. Il est capable de dévorer les feuilles, les fleurs et même les fruits de plus de 300 espèces de plantes différentes. Voici ce que vous pouvez constater si votre jardin est envahi :
- Feuilles en dentelle : les Scarabées adultes dévorent les feuilles, ne laissant souvent que les nervures, donnant un aspect de dentelle.
- Défoliation rapide : en grand nombre, ils peuvent dépouiller un arbre ou un arbuste en très peu de temps, ce qui affaiblit gravement la plante.
- Larves destructrices : les larves du Scarabée japonais se nourrissent des racines de graminées et de gazons, ce qui peut entraîner la mort de grandes surfaces de pelouse ou de prairies.
Comment se reproduit il ?
Le Scarabée japonais se reproduit en été. Après l'accouplement, la femelle pond des œufs dans le sol.
Les œufs éclosent en donnant des larves qui se nourrissent de racines, en particulier les racines de graminées. Raison pour laquelle on les repère souvent, à l'état de larve, dans les pelouses et non dans les potagers ou auprès des plantes d'ornement.
Les larves se développent dans le sol pendant 10 mois, se nourrissant activement jusqu'à l'arrivée de l'automne. Ensuite, elles descendent plus profondément dans le sol pour hiberner pendant l'hiver.
Après avoir passé l'hiver en profondeur, les larves se transforment en nymphes au printemps, puis en adultes, prêts à émerger en juin pour recommencer le cycle.
Autant dire qu’ils sont redoutables, aussi bien en tant qu’adultes qu’au stade larvaire.
Les plantes que le Scarabée japonais préfère attaquer
Le Scarabée japonais n’est pas très difficile à contenter et attaque une grande variété de plantes. Cependant, il a quelques favoris parmi les végétaux :
- Les rosiers : il adore les feuilles des rosiers, les transformant rapidement en véritables passoires.
- Les arbres fruitiers : les pommiers, poiriers, cerisiers et pruniers sont particulièrement vulnérables, aussi bien les feuilles que les fruits.
- Les vignes : une menace de taille pour les viticulteurs, car les scarabées adultes peuvent endommager gravement les feuilles et les grappes de raisin.
- Les légumes du potager : haricots, aubergines, pommes de terre font partie de son menu.
- Les plantes ornementales : érables, tilleuls et ormes sont également des cibles fréquentes.
Il est donc essentiel de surveiller ces plantes et d’agir rapidement si vous le repérez.

Où est il en France ?
En France, le Scarabée japonais a été détecté pour la première fois en 2014, dans la région de la Savoie, près de la frontière suisse.
Depuis, il a progressivement colonisé d’autres zones. Actuellement, les régions les plus touchées sont l’Auvergne Rhône Alpes et certaines parties du Grand Est. La surveillance est constante, mais la progression de cet insecte pose un véritable défi aux autorités.
Le Scarabée japonais est loin d’être un simple Scarabée de plus. Avec sa capacité à proliférer rapidement et son appétit pour une grande variété de plantes, il représente une menace sérieuse pour nos jardins, vergers et cultures agricoles.
Que faire et qui contacter si vous trouvez un Scarabée japonais ?
Les adultes peuvent être facilement détectés à l’œil nu et capturés à la main.
Si vous reconnaissez cet insecte ou si vous avez un doute sur son identification, il faut le capturer et s’adresser rapidement à votre direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF), en envoyant une photo, en précisant le lieu de l’observation et la plante concernée.
Attention aux applications de reconnaissance des insectes. Certaines sont très bien, et reconnaissent les insectes sans hésiter, mais parfois, si la photo est de qualité moyenne, ces applications peuvent aussi vous donner des réponses totalement fausses.
Ref : INRAE / Ministère de l'agriculture /


