La Pie bavarde, la Madame sans gêne du jardin
La pie bavarde, c’est un peu la pipelette du quartier en version plumée. Toujours tirée à quatre épingles dans son costume noir et blanc, elle n’hésite pas à se faire remarquer.
Que ce soit pour chaparder un bout de nourriture, commenter bruyamment les affaires du voisinage, ou tester vos nerfs avec ses tchac-tchac-tchac incessants, la pie est une star qu’on adore... ou qu’on adore détester.
Mais derrière son allure élégante et ses manières parfois envahissantes, se cache un oiseau fascinant, à l’intelligence redoutable. Alors, pourquoi ne pas faire un peu plus connaissance avec cette commère des jardins ?
Qui est la Pie bavarde ?
La Pie bavarde (Pica Pica / est l’un des membres les plus reconnaissables de la famille des Corvidés.. Une grande famille d'oiseaux réputés plutôt intelligent, comme le Geai des chênes !
Présente dans presque toute l’Europe, elle est souvent aperçue dans nos jardins, nos parcs ou même en ville, où elle se sent aussi à l’aise qu’un poisson dans l’eau (ou plutôt qu’un oiseau sur un fil).
Mais ne vous fiez pas à son allure distinguée, car sous son plumage noir et blanc se cache un sacré caractère. Curieuse, rusée et parfois un peu bruyante, la pie bavarde est bien plus qu’un joli visage… c’est une vraie personnalité.

Comment la reconnaître ? Carte d’identité
- Nom commun : Pie bavarde
- Nom scientifique : Pica pica / Eurasian magpie
- Famille : Corvidés
- Taille : environ 40 à 50 cm (dont la moitié pour la queue !)
- Poids : entre 180 et 250 g, soit à peu près le poids d’une tablette de chocolat… mais elle, elle ne fond pas au soleil.
- Envergure : 50 à 60 cm, ce qui lui donne une silhouette élégante en plein vol.
- Plumage : noir et blanc avec des reflets métalliques bleu-vert sur les ailes et la queue, parce que même en nature, un peu de bling-bling ne fait pas de mal.
- Espérance de vie : environ 5 ans à l’état sauvage, mais certaines peuvent dépasser les 10 ans si elles sont chanceuses.
Un petit truc à repérer : ses yeux !
Les jeunes pies ont les yeux marron clair, tandis que les adultes arborent un regard sombre, presque noir. Un changement subtil, mais qui témoigne de leur maturité... ou de leur capacité à juger vos faits et gestes depuis une branche.
La pie bavarde, une pipelette avec un talent caché
Si vous pensiez que la pie bavarde allait vous séduire avec un chant mélodieux… ce n’est pas son style. Comme beaucoup de ses cousins corvidés, la pie ne chante pas, elle jacasse. Et quand elle s’y met, ça peut être... strident. Ses tchac-tchac-tchac répétitifs ne sont pas vraiment de nature à adoucir une matinée tranquille.
Mais avant de juger trop vite, sachez que cette pipelette ailée est bien plus douée qu’il n’y paraît. Imitatrice hors pair, elle est capable de reproduire les cris d’au moins une trentaine d’oiseaux différents. De quoi semer la confusion chez ses voisins à plumes, et même surprendre les humains qui prêtent une oreille attentive.
Et ce n’est pas tout : la pie bavarde adore surprendre avec des imitations inattendues, comme le bruit d’un moteur, ou même des voix humaines. Imaginez entendre votre propre voix résonner dans le jardin... Merci qui ? Merci la pie ! Cette large gamme de vocalises lui sert à communiquer avec ses congénères, mais aussi à donner des "infos du quartier" aux autres oiseaux. Eh oui, une vraie reporter d’investigation cette pie !

📢 Pour écouter bavarder la Pie bavarde 🎶
Comment vit elle ?
La pie bavarde n’est pas du genre solitaire. Elle aime le contact, que ce soit avec son partenaire ou avec ses congénères.
Mais la pie ne se limite pas à son couple. Elle interagit aussi avec les autres membres de son espèce, surtout en dehors de la saison de reproduction. Ces interactions, parfois bruyantes et un peu mouvementées, montrent à quel point la vie sociale est importante pour elle. Et cela demande une certaine intelligence :
- Elle sait reconnaître chaque individu de son groupe, une compétence essentielle pour gérer les alliances et éviter les disputes inutiles.
- Elle participe à des "conseils de quartier" où les pies discutent, se préviennent du danger, et partagent des informations sur la nourriture.
La pie bavarde est aussi très territoriale. Elle défend son espace avec vigueur, mais elle sait aussi cohabiter avec ses voisins si chacun respecte les règles. Bref, c’est une petite diplomate à plumes, mais qui n’hésite pas à se faire entendre quand il le faut.
Que mange la Pie ?
Côté cuisine, la pie bavarde n’est pas difficile. Elle est omnivore, ce qui signifie qu’elle mange à peu près de tout. Mais attention, elle n’est pas pour autant désordonnée : chaque saison influence son menu.
- Au printemps et en été : elle privilégie les protéines. Insectes, vers de terre, petits amphibiens ou œufs d’autres oiseaux, tout y passe. Elle est même capable d’attraper des proies vivantes, prouvant qu’elle n’a rien à envier aux prédateurs plus imposants.
- En automne et en hiver : avec le froid, elle passe en mode "survie" et devient plus opportuniste. Graines, fruits, noix, et même des restes de nourriture humaine si elle vit près des habitations. Elle est particulièrement douée pour se souvenir de ses caches alimentaires, un vrai garde-manger stratégique pour l’hiver.
Comment se reproduit elle ?
La saison des amours chez la Pie bavarde, c’est tout un spectacle ! Dès le début du printemps, monsieur et madame pie commencent leur petite danse romantique. Enfin, "romantique", façon corvidé : on est plus dans le jacassement enthousiaste et les démonstrations de talent que dans les roses et les chandelles.
Pour séduire sa belle, Monsieur Pie redouble d’efforts. Il gonfle son plumage noir et blanc, exhibe ses reflets métalliques bleutés, et se met à jacasser comme s’il passait une audition pour "Pie’s Got Talent". Si madame est impressionnée, elle accepte son partenaire pour la saison (et souvent pour la vie, car ces deux-là sont fidèles).

La construction du nid de Pie
"Si la Pie fait son nid tout en haut de l'arbre c'est que le temps sera beau. Mais si elle le construit plus bas, gare aux intempéries" Proverbe populaire
Au départ, le couple va construire 2 nids, avant de choisir le principal. Le second nid est un nid de secours.
Le nid, assez imposant, est construit avec des brindilles, des feuilles et tapissé de boue mélangée à de l'herbe. Sa construction prends plusieurs semaines. Généralement il est assez haut perché, pour éviter les prédateurs. Son apparence est très spécifique et ne ressemble à aucun autre nid. Profond, bien agencé, il possède un dôme pour protéger les futurs petits. Il a une entrée et une sortie sur les côtés.
Le nid ne servira qu'une seule fois. L'année suivante, le couple en reconstruira un autre ailleurs.
"Trouver la Pie au nid = faire une découverte extraordinaire"
La naissance des petits
Une fois le nid terminé, madame pond entre 5 et 7 œufs bleu-vert, joliment tachetés. Elle les couve religieusement pendant environ 3 semaines, tandis que monsieur joue les livreurs en lui apportant de la nourriture. Une fois les petits nés, c’est l’effervescence ! Les deux parents se relaient pour nourrir les affamés qui piaillent sans arrêt (et qui ne font rien pour aider, soyons honnêtes).
La Pie n'a qu'une seule portée par an.
Une fois le nid terminé, madame pond entre 5 et 7 œufs bleu-vert, joliment tachetés. Elle les couve religieusement pendant environ 3 semaines, tandis que monsieur joue les livreurs en lui apportant de la nourriture. Une fois les petits nés, c’est l’effervescence ! Les deux parents se relaient pour nourrir les affamés qui piaillent sans arrêt (et qui ne font rien pour aider, soyons honnêtes).
Et après ?
Les jeunes restent avec leurs parents pendant quelques semaines supplémentaires, histoire de peaufiner leur apprentissage (et de vider encore quelques garde-manger). Une fois autonomes, ils partent conquérir leur propre territoire, prêts à reproduire ce cycle fascinant d’amour, de construction et d’envol.
Et voilà, la pie bavarde nous prouve encore une fois qu’elle est bien plus qu’un oiseau bruyant : elle est une maman (et un papa) dévouée, avec un sens du détail qui ferait rougir bien des architectes !
La Pie bavarde est elle une voleuse ?
La pie bavarde traîne une réputation de voleuse à cause d’une idée reçue : elle serait attirée par les objets brillants comme les bijoux ou le métal. Pourtant, la science a démystifié ce mythe. En réalité, face à des objets inconnus ou étincelants, son cerveau bien câblé préfère la prudence à la curiosité.

Des études ont montré que la pie bavarde adopte une attitude de méfiance lorsqu’elle se trouve en présence d’un objet brillant. Plutôt que de le saisir ou de s’en approcher, elle choisit généralement de s’écarter, comme pour éviter un potentiel danger. En clair, elle n’est pas la collectionneuse qu’on imagine, mais plutôt une pragmatique qui privilégie la sécurité.
Cette prudence peut s’expliquer par son intelligence : la pie analyse son environnement avant d’agir, et face à l’inconnu, mieux vaut rester en retrait. Alors, si un bijou disparaît mystérieusement chez vous, il est fort probable que ce ne soit pas l’œuvre de cette élégante à plumes, mais d’un humain un peu distrait… ou d’un autre coupable bien plus malin que prévu. 😉
Voleuse, mais pas la seule !
Ce comportement de "vol", que l’on appelle le Cleptoparasitisme, est courant dans le règne animal. Les lions volent les proies des guépards, les goélands et les mouettes chipent les poissons des pêcheurs, et même certains insectes vivent en pillant les ressources des autres.
La pie, elle, se sert là où ça l’arrange : nourriture, matériaux pour son nid, voire directement dans le nid d’un autre oiseau. Opportuniste ? Oui. Sympa pour ses voisins ? Pas vraiment ! Mais chez elle, comme chez les autres cleptoparasites, c’est une question de survie… plus qu’un défaut de caractère.
La Pie est elle un oiseau nuisible ?
La pie bavarde traîne une mauvaise réputation depuis des décennies. Longtemps classée parmi les animaux nuisibles, elle a été une cible privilégiée des chasseurs. À coups de pièges et de fusils, sa population a chuté de 70 % dans les années 2000, avec plus de 400 000 pies abattues, accusées d’être des "tueuses".
Mais que dit vraiment la science à ce sujet ?
Une coupable mal désignée
Oui, la pie vole. Oui, elle peut dérober des œufs ou des oisillons dans les nids d’autres oiseaux. Mais ces comportements sont strictement liés à sa reproduction. Lorsqu’elle a des petits à nourrir, elle fait preuve d’opportunisme pour leur apporter de la nourriture, comme tout bon parent. De plus, elle n’a qu’une seule portée par an, ce qui limite considérablement l’impact de ce prélèvement.

Contrairement aux accusations portées par certains chasseurs, les scientifiques ont démontré que la pie bavarde n’est pas responsable de la disparition massive d’autres espèces.
Les véritables coupables ? Les pesticides, la destruction des haies, la disparition des habitats naturels et, ironie du sort, la chasse intensive elle-même.
Un rôle mal compris dans la nature
Plutôt que de la considérer comme une menace, il faut voir la pie comme un maillon de l’écosystème. Opportuniste, elle joue un rôle essentiel dans la régulation des populations d’insectes et le nettoyage des restes de nourriture, évitant ainsi certains déséquilibres. La pie est bien plus une alliée qu’une ennemie.
Le symbole de la Pie
En Europe, elle était plutôt considérée comme un oiseau de malheur, l'alliée des sorcières et du diable. Mais ça c'était avant...
En Chine, en revanche, elle est un symbole de chance et de bonne fortune.
Les comportements vis à vis de la Pie sont parfois superstitieux. Certaines personnes retirent leur chapeau en voyant une Pie. D'autres récitent de drôles d'incantations pour conjurer le mauvais sort. D'autres encore comptent combien elles sont : 1 pie toute seule serait signe de malchance. 2 Pies c'est la joie qui arrive. 3 Pies annoncent une expérience, aventure réussie.
Depuis que l'on connaît mieux la Pie, et qu'elle n'est plus liée au Diable, lorsqu'elle apparaît dans votre vie, c'est un symbole de puissance. On dit qu'elle porte chance et apporte protection. Intelligente et capable de faire face à toutes sortes de situations, c'est donc un oiseau plutôt positif.
Surtout si vous l'apercevez tous les matins...
Les oiseaux sont des auxiliaires du jardinier
Ils dévorent de nombreux insectes prédateurs des potagers, ou des végétaux du jardin. Beaucoup sont en voie de disparition. Si vous avez un jardin, essayez de leur offrir un milieu naturel, sans traitement insecticide, avec des haies, des fleurs, variées et des arbres pour se nourrir et nicher.
Vous l'aurez compris, la Pie est certes pénible, mais pas aussi nuisible que cela !
Références : Oiseaux / MNHN / Futurascience
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