La Foulque macroule, la petite star en noir et blanc
La foulque macroule, cette diva des eaux tranquilles, ne passe jamais inaperçue. Avec son look chic noir et blanc et son attitude de reine, elle attire l’attention partout où elle nage. Mais qui est-elle vraiment ? Plongeons dans l’univers fascinant de cet oiseau aquatique, que vous croiserez sûrement lors de vos balades au bord des lacs ou étangs.
Expressive, bruyante, curieuse, la Foulque avec son pépiement est une joyeuse habitante des étangs, mares, et lacs de France.
Qui est la foulque macroule ?
Ah, la foulque macroule, c’est un peu le panda des oiseaux d’eau : noire avec une plaque frontale blanche qui fait tout son charme. Voici quelques astuces pour ne pas la confondre avec ses cousines ou d’autres oiseaux aquatiques :
- Plumage : entièrement noir (non, elle ne porte pas de smokings, c’est juste son style naturel).
- Plaque frontale : ce petit "masque" immaculé est sa signature ! Située juste au-dessus de son bec blanc, cette plaque contraste joliment avec son plumage sombre.
- Yeux rouges : oui, elle a un regard intense et captivant, parfait pour un rôle dans un thriller ornithologique.
- Pattes : contrairement aux canards, ses doigts sont adaptés pour marcher dans la végétation aquatique. Adieu les palmes, bonjour l’agilité !
- Comportement : elle nage souvent en donnant de l’énergie à chaque mouvement et peut plonger gracieusement pour chercher de la nourriture.
- Un vol laborieux : si vous la voyez décoller, vous comprendrez pourquoi elle préfère nager. Elle doit courir sur l’eau pour prendre de l’élan, comme un hydravion un peu rouillé.

Petits trucs pour ne pas se tromper : ne la confondez pas avec la poule d’eau (Gallinula chloropus). Cette dernière a des couleurs différentes, avec du marron et du jaune, alors que la foulque joue la carte du noir chic. C'est la plus voyante de cette famille. Celle que l'on repère en premier sur les plans d'eau en raison de son bavardage et de sa curiosité naturelle.
Carte d’identité de la Foulque macroule
- Nom commun : Foulque macroule
- Nom scientifique : Fulica atra
- Famille : Rallidés
- Taille : 36 à 42 cm (avec une allure qui donne l’impression qu’elle fait le double !)
- Poids : 600 à 1 000 g
- Durée de vie : environ 15 ans (si elle évite les renards et les collisions avec les bateaux)
- Habitat : lacs, étangs, rivières et zones humides – tant qu’il y a de l’eau, elle est chez elle.
🐣Le poussin Foulque est très drôle, à sa naissance. Son corps est couvert de duvet noir, mais sa tête est bariolée de rouge, jaune et orange. Inratable. Heureusement, il ne reste pas très longtemps bariolé ainsi. Il va muer et son plumage se rapprochera rapidement de celui de ses parents.
Comment s’exprime t’elle ?
La foulque macroule est un véritable moulin à paroles ! Enfin, à cris. Voici un aperçu de son répertoire vocal (non, elle ne chante pas comme un rossignol) :
Les expressions sonores de la foulque macroule
- Des "kiik kiik" stridents
C'est le son le plus courant que vous entendrez près d'un étang. Un cri sec et répétitif qui sert à marquer son territoire ou à avertir ses congénères d'un potentiel danger. Une alarme aquatique en quelque sorte. - Des "kwak kwak" grinçants
Vous pensiez qu'elle allait vous charmer avec un doux chant ? Raté ! La foulque macroule produit des sons rauques, parfois comparés à un grincement de porte. Pas vraiment mélodieux, mais efficace pour communiquer. - Des gloussements nerveux
Quand une autre foulque s'aventure trop près de son nid ou de son espace personnel, elle passe à l’attaque vocale avec des sons nerveux, presque agressifs. On peut les entendre lorsqu'elles se disputent ou se poursuivent sur l’eau. - Des sons doux pour les petits
Malgré son tempérament affirmé, elle sait se montrer douce avec ses poussins. Elle émet alors des petits "piou piou" discrets pour les rassurer ou les appeler à table (comprenez : au buffet d’algues).

🎶Ecouter la foulque macroule 👇
Comment vit elle ?
La foulque macroule n'est pas seulement reconnaissable par son plumage noir et sa plaque blanche, mais aussi par son comportement… disons, haut en couleur. Bruyante, curieuse, elle se promène sur l'eau en recherchant sa nourriture, et ne se prive pas de bavarder avec ses congénères. Mais rien n'est si simple...
Une diva territoriale
La foulque macroule n'aime pas partager. Une fois qu'elle a choisi son coin de paradis aquatique, gare à celui ou celle qui ose s'en approcher ! Elle défend farouchement son territoire, surtout pendant la saison de reproduction. Cela peut donner lieu à de véritables courses poursuites sur l'eau, ponctuées de cris stridents et de coups de pattes. Si une autre foulque insiste, elle n'hésitera pas à passer en mode "combat aquatique". Oui, c’est un oiseau avec du caractère !
👉La Foulque se déplace beaucoup de nuit. Son vol n'étant pas des plus rapides, les vols de nuit lui permettent d'éviter certains prédateurs, comme les rapaces, qui n'auraient aucun mal à l'attraper. Ce n'est pas Top Gun ! Pour prendre son envol, il lui faut courir sur l'eau. Et son vol est assez direct, sans trop de fioriture. Ce qui peut en faire une proie idéale.
Une sociabilité changeante
- En été : la foulque préfère la solitude ou la vie de couple. Elle aime que son espace aquatique reste calme et privé.
- En hiver : les tensions s'apaisent. Les foulques deviennent plus sociables et se rassemblent souvent en groupes sur les plans d’eau. Ces regroupements hivernaux leur permettent de mieux se protéger du froid et des prédateurs.
Une relation amour haine avec ses voisins
La foulque macroule partage souvent son habitat avec des canards, des grèbes ou des hérons. Si elle tolère leur présence, elle ne se prive pas de les intimider si elle estime que ses algues ou son espace sont menacés. Les disputes entre les espèces ne sont pas rares et sont souvent spectaculaires, la foulque n'hésitant pas à charger comme une petite boule de nerfs noire et blanche.
Où vit la Foulque macroule ? Son petit paradis aquatique
La foulque macroule n’est pas difficile à satisfaire, tant qu’il y a de l’eau et un minimum de tranquillité. Explorons les lieux qu’elle fréquente pour nager, plonger, et vivre sa meilleure vie.

Habitat principal : les zones humides
La foulque macroule adore les milieux aquatiques où elle peut à la fois se nourrir et se cacher. Voici ses préférences :
- Étangs et lacs : elle s’installe volontiers sur les étendues d’eau calmes, riches en végétation aquatique.
- Rivières à courant lent : elle apprécie les berges tranquilles où elle peut se reposer sans être emportée.
- Marais et zones inondées : les roseaux et les joncs sont parfaits pour dissimuler son nid et échapper aux prédateurs.
Elle aime aussi les environnements urbains
La foulque n’a pas peur de côtoyer les humains, surtout si elle y trouve un habitat adapté :
- Parcs urbains avec des plans d’eau : même les petits étangs artificiels de ville sont des refuges pour elle. Si vous vivez près d’un parc, vous avez sûrement déjà croisé une foulque.
- Réservoirs et canaux : ces structures artificielles, parfois peu attractives pour d’autres animaux, font office de résidences secondaires pour elle.
Une globe-trotteuse selon les saisons
En France, la plupart des foulques macroules sont résidentes. Cependant, en hiver, la population locale peut être renforcée par des individus venus du nord ou de l’est de l’Europe. Ces "visiteuses" hivernantes repartent ensuite vers leur région d’origine au printemps.
En Europe de l'Ouest (France, Royaume-Uni, Espagne, etc.) :
Les foulques macroules y sont sédentaires ou quasi sédentaires. Cela signifie qu’elles restent souvent à proximité de leur habitat toute l’année, à condition que l’eau ne gèle pas. Si les plans d’eau deviennent impraticables en hiver (gelés, par exemple), elles peuvent effectuer des déplacements courts vers des zones plus clémentes, mais ce n’est pas une migration à proprement parler.
Dans les régions ou les hivers sont beaucoup plus rigoureux (Scandinavie, Russie, Pologne…) les foulques sont migratrices et se déplacent vers le sud ou l’ouest de l’Europe pour passer l’hiver dans des endroits où l’eau reste accessible.

Que mange t’elle ? Végétarienne… mais pas que !
La foulque macroule est une gourmande opportuniste. Son régime alimentaire est principalement végétarien, mais elle ne dit pas non à quelques protéines animales quand l’occasion se présente. Voici ce qu’elle met à son "menu" selon les saisons et les disponibilités.
Les plantes aquatiques : son plat principal
La foulque est une grande fan de salade… aquatique.
- Algues et herbes immergées : elle plonge régulièrement pour aller chercher des plantes sous la surface de l’eau, comme les potamots ou les élodées.
- Feuilles et pousses : quand elle trouve des plantes tendres au bord de l’eau, elle les picore délicatement.
Elle est très efficace pour attraper sa nourriture sous l’eau grâce à ses talents de plongeuse : elle peut rester en apnée une vingtaine de secondes ! Elle peut aussi plonger jusqu’à 2 mètres de profondeur pour chercher sa nourriture, un exploit impressionnant pour un oiseau de sa taille.
Les petites protéines : son côté carnivore
Même si elle préfère les végétaux, la foulque ne refuse pas une petite dose de protéines animales de temps en temps :
- Insectes aquatiques : larves, nymphes ou adultes, tout ce qui bouge près de l’eau est une proie potentielle.
- Petits crustacés : elle peut capturer des gammares ou autres minuscules crustacés qui se cachent dans la végétation.
- Escargots et mollusques : les coquillages d’eau douce ne lui échappent pas.
Les graines et fruits : le dessert
Quand les plantes aquatiques se font rares (en hiver, par exemple), la foulque macroule peut se rabattre sur :
- Les graines : elle picore celles des roseaux, joncs et autres plantes des berges.
- Les baies et petits fruits : si elles sont accessibles, elle ne dira pas non à quelques douceurs sucrées.
Comment se reproduit elle ? Une organisation bien huilée
Chez les foulques, la saison des amours commence dès que les premiers rayons de soleil printaniers réchauffent les étangs, soit vers mars avril. Madame et Monsieur foulque se retrouvent, échangent quelques regards en coin et entament une parade nuptiale… minimaliste. Pas de danse flamboyante ici, juste un petit "qui nage le mieux ?" pour impressionner l'autre.

Ah, et bonne nouvelle pour les amateurs de romantisme aquatique : les foulques sont fidèles pour la saison. Mais ne soyez pas trop attendri(e), car la fidélité s’arrête souvent là. L’année suivante, c’est un nouveau speed-dating parmi les roseaux !
Le nid flottant : la péniche familiale
Vient ensuite l’étape du nid. Et attention, chez la foulque, c’est du sérieux. Ensemble, ils construisent un nid flottant, une véritable plateforme végétale, bien arrimée entre les roseaux. Ce nid doit être assez grand pour accueillir leur future marmaille, car chez les foulques, on ne fait pas les choses à moitié : entre 6 et 10 œufs, parfois plus. Ça en fait, des petits becs à nourrir !
Madame pond un œuf par jour, et rapidement, le nid devient une vraie crèche aquatique en devenir. Elle va couver environ 3 semaines. Le seul problème, c’est que les œufs n’éclosent pas tous en même temps. Résultat ? Une organisation parentale qui ferait pâlir d’envie n’importe quel expert en logistique.
Famille nombreuse : le dortoir annexe
Les premiers poussins à naître ne peuvent pas rester au nid trop longtemps, sous peine de gêner leur maman encore en pleine couvaison. Alors, que fait Monsieur Foulque ? Il joue les bricoleurs de l’extrême et construit une deuxième plateforme flottante un peu plus loin. Un vrai dortoir pour les premiers nés, où il peut les surveiller, les nourrir, et leur apprendre à nager (avec un cri grinçant ou deux pour motiver les plus paresseux).
Pendant ce temps, Madame reste avec les œufs restants. Chez les foulques, on ne mélange pas tout : chacun son espace, chacun sa mission.
Des poussins hauts en couleur
Quand les poussins naissent, leur look ne passe pas inaperçu. Imaginez des têtes orangées ébouriffées et des corps noirs : un mélange entre un bébé oiseau et un mini punk. Ces petits là sont aussi bruyants que mignons, et ils réclament constamment à manger. Heureusement, les parents se relaient pour leur apporter des algues et des petites bestioles aquatiques.
🐣Les poussins commencent à s'alimenter seul au bout d'environ 1 mois, guidés par leurs parents. Mais ils ne pourront pas prendre leur envol avant d'avoir atteint l'âge de 2 mois.
Les aînés, déjà installés sur leur nid flottant secondaire, observent tout ça de loin, un peu comme des ados qui regardent leurs petits frères faire des bêtises.

Le grand départ : en douceur, ou presque
Au bout de quelques semaines (6 à 8, pour être précis), les poussins sont assez grands pour prendre leur indépendance. Mais attention, chez les foulques, on ne traîne pas sur le canapé parental. Si un jeune hésite à quitter le territoire, les parents n’hésitent pas à lui donner un petit coup de bec pour lui signifier que c’est le moment de filer.
Les foulques ne perdent pas de temps : elles sont prêtes à se reproduire dès 1 ou 2 ans. La précocité, c’est leur truc. Les foulques peuvent avoir 2 portées par an, parfois 3 si les conditions sont idéales.
🐣Les poussins commencent à s'alimenter seul au bout d'environ 1 mois, guidés par leurs parents. Mais ils ne pourront pas prendre leur envol avant d'avoir atteint l'âge de 2 mois.
👉La Foulque macroule a deux couvées par an et il n'est pas rare de voir les poussins de la première nichée aider leurs parents à prendre soin des poussins nés de la seconde couvée.
Différences entre la foulque macroule et la poule d’eau
| Caractéristique | Foulque macroule | Poule d'eau |
|---|---|---|
| Plumage | Noir uniforme | Noir avec des flancs et sous-caudales blancs |
| Bec et plaque frontale | Blanc, avec une plaque blanche | Rouge avec une pointe jaune, plaque rouge |
| Pattes | Lobées (parfaites pour nager) | Longues et fines (idéales pour marcher) |
| Comportement | Excellente nageuse et plongeuse | Préfère marcher ou rester près des berges |
| Habitat | Plans d’eau ouverts (lacs, étangs) | Zones couvertes (fossés, marais) |
| Cri | Strident et grinçant | Doux et gazouillant |
Astuce mnémotechnique :
La poule d’eau, c’est la marcheuse élégante avec ses touches de rouge et jaune ! La foulque, c’est la nageuse gothique en noir et blanc.


Prédateurs et protection de la foulque macroule : une vie au bord du danger
La foulque macroule, avec son allure fière et ses talents de nageuse, semble bien armée pour survivre dans ses zones humides. Mais elle n’échappe pas aux nombreux dangers qui guettent ses œufs, ses poussins, et même les adultes.
Les menaces : l'humain et l'environnement
Outre les prédateurs naturels, la foulque fait face à des dangers liés aux activités humaines :
- Pollution de l’eau : les produits chimiques, les déchets plastiques et la dégradation des milieux aquatiques menacent directement son habitat.
- Chasse : dans certains pays, les foulques sont encore chassées, bien qu'elles soient moins ciblées que d’autres espèces.
- Dérangement : les promeneurs, chiens ou embarcations motorisées peuvent perturber les périodes de nidification ou éloigner les parents du nid, exposant les œufs et poussins aux prédateurs.
Les prédateurs de la foulque macroule
- Pour les œufs et poussins : corneilles, pies, hérons, rapaces, renards, rats musqués, et même brochets sous l’eau.
- Pour les adultes : rapaces (comme le balbuzard pêcheur), renards, chiens errants, et parfois des brochets.
La foulque macroule est vigilante et combative. Elle cache son nid dans la végétation, utilise des nids flottants et défend farouchement sa progéniture avec des cris et des charges.
La foulque macroule est-elle protégée en France ?
La foulque macroule est protégée par la loi française. Elle est inscrite sur la liste des espèces protégées par l’arrêté ministériel du 29 octobre 2009, ce qui interdit sa destruction, sa capture et la perturbation de ses habitats.
- En France, la population est estimée à 200 000 à 400 000 couples nicheurs, ce qui en fait une espèce commune plutôt stable.
- En hiver, ces chiffres augmentent avec l’arrivée des migrateurs d’Europe du Nord et de l’Est.
Même si elle n'est pas menacée, la foulque reste dépendante de la bonne santé des zones humides (qui sont en danger), un écosystème fragile souvent mis en danger par l’activité humaine.
Références : Oiseaux / MNHN / Oiseaux libres
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