L’Aurore ou Piéride de la Cardamine, le papillon du printemps
L'Aurore, Piéride de la Cardamine de son petit nom, fait partie des premiers papillons à prendre son envol quand les beaux jours reviennent.
Petit, nerveux, et joliment coloré aux extrémités, ce papillon ne passe pas inaperçu quand on a l’œil un peu buissonnier.
Qui est l’Aurore ?
L’Aurore, qu’on appelle aussi Piéride de la cardamine, porte le joli nom scientifique de Anthocharis cardamines.
Il fait partie de la famille des Piéridés (Pieridae) – les mêmes que les piérides du chou, du navet ou de la rave. Des papillons souvent blancs, souvent sous-estimés, et pourtant fascinants.
On le rencontre un peu partout en Europe, jusqu’au nord de la Scandinavie, et aussi en Asie tempérée.
En France, il est répandu sur tout le territoire, sauf dans les zones très sèches ou très urbanisées. Il préfère les milieux frais, fleuris et un peu humides : bords de chemins, prairies naturelles, friches, jardins buissonnants…
C'est un petit papillon, que l’on voit voler dans le jardin dès le mois de mars. L’Aurore du Printemps est le symbole du réveil de la nature après de longs mois d'hiver.
C’est un papillon qui n’a qu’une seule génération par an, donc si vous le ratez au printemps… il faudra attendre l’année suivante !
Comment le reconnaître ?
Chez le mâle, ce sont les extrémités des ailes qui donnent le ton : un bel orange vif sur fond blanc, qui lui vaut son joli nom d’Aurore".
La femelle, plus discrète, n’a pas ces touches orangées : elle est blanche avec seulement une petite tache noire à l’avant des ailes supérieures, ce qui lui donne un air de piéride classique.
Mais le vrai détail à observer, c’est le dessous des ailes postérieures : un subtil mélange de vert et blanc marbré, presque mousseux, qui rappelle les plantes de sous-bois où il aime évoluer.

Où le voir ? Quand l’attendre ?
L’Aurore vole tôt : dès mars dans les régions douces, jusqu’en juin.
On le croise dans les prairies humides, lisières, haies, bordures de fossés ou même dans les jardins un peu sauvages.
Il a une préférence marquée pour les milieux où poussent certaines plantes bien précises… dont la fameuse Cardamine des prés.
Que mange l’Aurore ?
Le papillon adulte se nourrit de nectar, avec une nette préférence pour les fleurs de printemps, et notamment :
- La Cardamine (sa préférée),
- Le Pissenlit,
- Les Renoncules,
- L’Alliaire,
- La Moutarde sauvage…
Il aime les fleurs simples, ouvertes, faciles d’accès. Pas de trompe ultra-longue : il faut du pratique et du rapide.
Comment vit l’Aurore ?
L'Aurore a un régime alimentaire assez varié. Avec une préférence pour la Cardamine, mais aussi pour les choux, le Colza, le Navet ou le Cresson. Raison pour laquelle on l'appelle aussi Piéride du cresson, Piéride de la Cardamine, Cressonnette. Les anglais le nomme Orange Tip.

🐣 Comment se reproduit le Piéride de la Cardamine ?
Le papillon Piéride de la Cardamine, alias l’Aurore, ne perd pas de temps. Dès les premiers beaux jours, il entre en phase de reproduction. Cela se déroule entre mars et juin, selon les régions et les conditions météo.
La vie adulte de l’Aurore est courte mais intense : deux à quatre semaines, et c’est déjà fini. Durant ce temps, il se nourrit, se reproduit et pond. Et c’est tout.
L’accouplement
Le mâle repère la femelle en vol, la suit avec insistance (parfois même un peu lourdement), et tente de s’accoupler. Une fois l’affaire conclue, la femelle part rapidement en quête de plantes-hôtes pour y déposer ses œufs.
La ponte
Elle pond ses œufs un par un, à la base des boutons floraux de certaines plantes de la famille des Brassicacées. Ses préférées ?
- La Cardamine des prés (Cardamine pratensis)
- L’Alliaire officinale (Alliaria petiolata)
- Le Colza, la Moutarde sauvage, le Cresson alénois…
Ces plantes sont indispensables à ses chenilles, qui ne mangent rien d’autre.
Les œufs, d’abord blancs, virent rapidement à l’orange, ce qui les rend très visibles si vous avez l’œil. Environ une semaine plus tard, les chenilles éclosent.
Le développement des chenilles
Les jeunes chenilles commencent par manger les boutons floraux qui les entourent, puis s’attaquent aux fruits en formation et enfin aux feuilles.
Elles se développent en un petit mois, sans faire de bruit, bien camouflées dans la verdure.

Une chrysalide longue durée
Quand la chenille est prête, elle cesse de manger et s’installe sur une tige rigide ou une plante solide. Là, elle se transforme en chrysalide, et reste ainsi pendant 10 mois entiers, jusqu’au printemps suivant.
Ce cycle unique, avec une seule génération par an, rend l’Aurore particulièrement sensible aux perturbations : si la tonte, les labours ou l’arrachage de ses plantes surviennent au mauvais moment, tout est compromis.
Sa plante de cœur : la Cardamine des prés
On ne l'appelle pas "piéride de la Cardamine" pour rien. L’Aurore pond ses œufs sur les crucifères sauvages, surtout les Cardamines, mais aussi parfois la Moutarde sauvage, la Lunaire ou les Alliaires.
La chenille, fine et verte, ne se nourrit que sur ces plantes-là.
Donc si vous avez de la Cardamine dans votre jardin, laissez-la pousser : vous aurez peut-être le privilège de voir une chenille (et un jour, un papillon) naître chez vous.
Partez à la découverte de la Cardamine des prés

🐝 Un papillon indicateur et un maillon de la biodiversité
L’aurore n’est pas juste joli. Il joue un rôle important dans l’écosystème printanier.
Un pollinisateur précoce
Même s’il n’a pas la notoriété d’une abeille, l’aurore participe à la pollinisation de plusieurs fleurs sauvages. Dès mars ou avril, il visite les cardamines, pissenlits et autres renoncules, à un moment de l’année où les insectes pollinisateurs sont encore rares.
En butinant, il contribue à la reproduction des plantes sauvages. Et ces plantes nourrissent à leur tour d'autres insectes, des oiseaux, des petits mammifères… Bref, il est un maillon discret mais utile.
Un bio-indicateur des milieux naturels
Sa présence est souvent le signe que le milieu est encore équilibré, non traité, non tondu trop tôt, avec une bonne diversité floristique.
L’aurore est donc considéré comme un indicateur écologique. Il n’aime ni les grandes cultures ni les pelouses tondues à ras.
S’il est là, c’est que le coin est vivant.
L’Aurore une disparition silencieuse ?
Malheureusement, ce papillon est sensible aux pratiques agricoles intensives et à la banalisation des paysages.
La disparition de ses plantes-hôtes ou la tonte trop précoce des bas-côtés peuvent le priver de tout ce dont il a besoin : nourriture, support pour la ponte, abri pour la chrysalide…
Préserver l’Aurore, c’est donc préserver un équilibre plus vaste, et ça commence souvent par de petits gestes dans le jardin.
📎 Envie d’aller plus loin ?


