Les plantes des fêtes de Noël : histoires et traditions
Les plantes des fêtes de Noël ont toutes des histoires. L’hiver, c’est la saison des plaids, des chocolats chauds et… des plantes ?
Oui, les plantes, bien qu’en mode "repos végétatif" pour beaucoup d’entre elles, sont pourtant au cœur de traditions des fêtes de Noël.
Certaines plantes sont ainsi devenues les stars des fêtes hivernales. Leur symbolique, leurs usages ou leur simple présence apportent un peu de chaleur dans le froid glacial, et nous racontent encore bien des histoires !
Allez, on embarque pour un tour d’horizon végétal.
Le houx : l’incontournable des fêtes de Noël
À quand remonte cette tradition ? Le houx est vénéré depuis l’Antiquité, particulièrement par les Celtes, bien avant l’arrivée des traditions chrétiennes.
Le houx, avec ses feuilles piquantes et ses baies rouges éclatantes, est un incontournable des fêtes. Mais pourquoi lui ? Pourquoi cette plante a-t-elle traversé les siècles pour devenir l’un des symboles les plus emblématiques de Noël ?
Les Celtes, qui n’avaient pas encore Instagram mais une sacrée connexion avec la nature, considéraient le houx comme une plante sacrée.
Sa capacité à rester vert en plein hiver était perçue comme un miracle de résilience. Ses feuilles piquantes ? Une arme naturelle contre les mauvais esprits.
Ils plaçaient donc des branches de houx autour de leurs maisons pour repousser les influences néfastes.

Les Celtes pensaient que chaque maison devait avoir une branche de houx et une branche de lierre, car ces deux plantes étaient considérées comme complémentaires :
le houx symbolisait les énergies masculines
et le lierre, les énergies féminines. Pas de jaloux, chacun sa branche !
Avec l’arrivée du christianisme, le houx a troqué sa réputation païenne contre un rôle symbolique dans l’histoire de Jésus : ses feuilles représentaient la couronne d’épines, et ses baies rouges, le sang du Christ.
Dans les campagnes médiévales françaises, il était courant de brûler du houx dans l’âtre la veille de Noël, une pratique censée protéger la maison pour l’année à venir.
Le gui : la star des bisous de fin d’année
À quand remonte cette tradition ? Cette plante est utilisée depuis les temps celtiques, mais son rôle romantique s’est développé à partir de l’Angleterre victorienne.
Suspendu au plafond, le gui (Viscum album) attend patiemment que quelqu’un passe dessous pour orchestrer un baiser.
Mais pourquoi ce rituel ? Eh bien, pour les Gaulois, le gui était bien plus qu’un simple accessoire de déco. Lors des cérémonies du solstice d’hiver, les druides gaulois récoltaient cette plante parasite avec une faucille en or (oui, en or, rien que ça).
Pourquoi autant d’efforts ? Parce que le gui, qui reste tout l’année vert était considéré comme une plante sacrée, capable de protéger, de guérir et même de rendre fertile. Bref, une plante magique avant l’heure.

Au fil du temps, la tradition du gui a migré, tout comme son usage. L’idée du baiser sous le gui apparaît à l’époque victorienne en Angleterre.
Les couples s’embrassaient sous cette plante pour s’assurer une année de bonheur et d’amour.
Une superstition voulait même qu’un refus d’embrasser quelqu’un sous le gui portait malheur – d’où peut-être l’insistance de certains à s’en servir encore aujourd’hui ! (Bon de ce côté là on y va doucement hein !)
Le sapin : l’arbre éternel des fêtes de Noël
À quand remonte cette tradition ? Le sapin est utilisé depuis le Moyen Âge, mais ses racines (sans jeu de mots) remontent à des traditions païennes bien plus anciennes.
Le sapin, roi des forêts et des salons, est aujourd’hui indissociable des fêtes de Noël. Mais tout a commencé bien avant les guirlandes électriques et les boules scintillantes.
Les Celtes et les peuples germaniques vénéraient les arbres verts en particulier lors du solstice. Pourquoi ? Parce qu’ils symbolisaient la vie éternelle dans un monde où tout semblait figé par le froid.
Ces arbres étaient parfois décorés de fruits, de fleurs ou de petits objets, histoire de marquer le coup et de remercier la nature.

Le premier "sapin de Noël" tel qu’on le connaît aujourd’hui est mentionné en Alsace au XVIe siècle. Les habitants accrochaient des pommes pour représenter l’arbre de la connaissance du paradis, ainsi que des hosties, symboles de la rédemption.
Au fil des siècles, ces décorations ont évolué : les pommes sont devenues des boules, et les bougies des guirlandes lumineuses. Le sapin de Noël est arrivé en France grâce à l’influence des Alsaciens au XIXe siècle, après la guerre de 1870.
Le poinsettia : l’étoile rouge du Mexique
À quand remonte cette tradition ? Introduit en France au XXe siècle, il est utilisé comme symbole des fête de Noël au Mexique depuis des siècles.
Originaire du Mexique, le poinsettia (Euphorbia pulcherrima), ou "étoile de Noël", est une plante qui a une floraison spectaculaire en plein hiver.
Une légende mexicaine raconte qu’une jeune fille pauvre, n’ayant rien à offrir à l’église pour Noël, ramassa des mauvaises herbes en chemin. Une fois déposées devant l’autel, ces plantes se transformèrent miraculeusement en magnifiques fleurs rouges.
Depuis, le poinsettia est devenu un symbole de générosité et d’espoir.

En France, il gagne en popularité à partir du XXe siècle, souvent utilisé pour illuminer les tables de fêtes ou les rebords de fenêtre. Mais attention : c’est une plante délicate.
Et pour l’anecdote, le poinsettia a été introduit aux États-Unis par Joel Roberts Poinsett, un botaniste américain (et accessoirement ambassadeur) qui a littéralement donné son nom à la plante.
Depuis, cette étoile mexicaine a conquis le monde, même si elle reste une diva : un petit courant d’air, et elle vous fait une déprime, du style je perds mes feuilles.
Comment entretenir votre poinsettia pour qu’il reste éclatant ?
Le poinsettia est une plante tropicale qui peut être exigeante, mais avec quelques soins, il peut rester beau jusqu’aux fêtes de Noël (et même au-delà). Voici quelques conseils :

- L’emplacement idéal : placez le dans une pièce lumineuse, mais sans soleil direct, car ses feuilles délicates risquent de brûler. Évitez les courants d’air et les sources de chaleur comme les radiateurs.
- L’arrosage : arrosez modérément. Attendez que le terreau soit sec au toucher. Attention : pas d’eau stagnante dans la soucoupe, le poinsettia déteste avoir "les pieds dans l’eau".
- La température : maintenez une température entre 15 et 22 °C. Les températures trop basses ou trop élevées peuvent faire tomber ses feuilles. (Un coup de déprime vite arrivé !)
- Petit bonus : si vous voulez qu’il refleurisse l’année prochaine, placez le dans une pièce sombre (ou couvrez le) pendant 14 heures par jour, à partir de septembre, pour imiter ses conditions naturelles.
Avec ces astuces, votre poinsettia sera la star de votre décoration de Noël
Le cactus de Noël : un invité tropical pour vos fêtes
À quand remonte cette tradition ? Ce cactus a été adopté en Europe comme plante d’intérieur au XXe siècle. Mais il éclaire les fêtes au Brésil depuis bien plus longtemps.
Un cactus à Noël ? Oui, mais pas celui qu’on imagine dans un désert aride.
Le cactus de Noël (Schlumbergera), originaire des forêts humides du Brésil, est une plante épiphyte qui pousse sur les troncs d’arbres.
Ses fleurs éclatantes de rouge, rose ou blanc illuminent nos intérieurs au moment parfait : entre novembre et janvier.
Ce miracle floral a rapidement conquis nos maisons grâce à sa floraison hivernale. Juste au moment des fêtes de Noël où les fleurs se font plus rares. Mais attention, cette beauté tropicale a aussi ses exigences !

Comment bichonner votre cactus de Noël pour une floraison parfaite ?
- L’emplacement : placez votre cactus dans un endroit lumineux, mais sans exposition directe au soleil. Une lumière tamisée près d’une fenêtre est parfaite pour lui.
- Arrosage : contrairement à ses cousins du désert, le cactus de Noël aime un peu d’humidité. Arrosez le légèrement lorsque le terreau est sec au toucher, mais pas d’excès : il n’aime pas les noyades.
- Température : il préfère des températures entre 15 et 20 °C. Évitez les gros écarts de température et ne le laissez pas exposé à des courants d’air froids.
- Favoriser la floraison : si vous voulez qu’il soit en fleurs pour Noël, réduisez la lumière dès la fin de l’automne (environ 12 heures d’obscurité par jour) et limitez les arrosages. Cela imite son cycle naturel dans les forêts tropicales.
Avec ces soins simples, votre cactus de Noël produira des fleurs spectaculaires pour éblouir vos invités pendant les fêtes. Et le meilleur ? Il refleurira chaque année si vous le traitez bien !
Les couronnes de plantes pour les fêtes de Noël
Les couronnes de Noël, ces cercles végétaux accrochés aux portes ou suspendus dans les maisons, sont bien plus qu’un simple élément décoratif.
Elles portent en elles une histoire riche, pleine de traditions anciennes et de significations profondes. Confectionnées à partir de houx, de sapin, de lierre ou même de romarin, elles incarnaient la nature dans toute sa splendeur, même au cœur de l’hiver.
À quand remonte cette tradition ?
Les couronnes tressées ont des origines païennes. Elles étaient déjà utilisées dans l’Antiquité, notamment par les Celtes et les Germains, pour célébrer le solstice d’hiver. Leur forme circulaire symbolisait le cycle éternel de la vie, sans début ni fin, et la persistance de la nature malgré la rudesse de l’hiver.
Avec l’arrivée du christianisme, la couronne a été adoptée comme un symbole de l’Avent (période de 4 semaines avant le jour de Noël). En Europe, au Moyen Âge, on y intégrait des bougies pour représenter la lumière qui triomphe des ténèbres.
Aujourd’hui, cette tradition persiste dans les couronnes de l’Avent, où l’on allume une bougie chaque dimanche précédant le jour de la fête de Noël.

Au XIXe siècle, en Alsace, il était courant d’accrocher une couronne ornée de quatre bougies rouges pour symboliser les quatre semaines de l’Avent. Lors de la Révolution industrielle, cette tradition s’est propagée dans d’autres régions grâce aux marchés de Noël.
C'est ainsi que la couronne est devenue l’une des décorations les plus emblématiques des fêtes.
Pourquoi des plantes pour tresser ces couronnes ?
Chaque plante utilisée pour les couronnes des fêtes de Noël avait une signification particulière dans les traditions anciennes.
- Le houx : symbole de protection et de résilience. Il éloignait les mauvais esprits et apportait de la couleur avec ses baies rouges.
- Le lierre : représentait l’attachement et la fidélité, grâce à sa capacité à grimper et à s’accrocher solidement.
- Le sapin ou le pin : avec leurs branches toujours vertes, ils incarnaient l’immortalité et l’espoir.
- Le romarin ou la lavande : ajoutés pour leur parfum purifiant, ils chassaient les énergies négatives et parfumaient agréablement les maisons.
Les fruits : leur présence évoquait l’abondance et la prospérité, même en hiver, lorsque la nature semblait endormie. Les fruits symbolisaient également les récoltes futures et l’espoir de renouveau.
Les oranges, par exemple, étaient associées à la lumière et au soleil, parfaites pour contrer l’obscurité de la saison.
Les pommes, elles, rappelaient l’arbre du paradis et l’idée de rédemption. Aujourd’hui, on retrouve ces éléments sous forme de tranches séchées, parfois accompagnées de bâtons de cannelle ou de baies, pour parfumer et embellir les couronnes de façon naturelle. Un clin d’œil à des traditions ancestrales qui allient esthétique et symbolique.
Chaque couronne devenait ainsi une composition symbolique et protectrice, un véritable talisman végétal pour la maison.
La fabrication des couronnes aujourd’hui
Confectionner une couronne pour les fêtes de Noël à la main est devenu une activité créative et conviviale. Mais cette activité reste ancrée dans ses origines traditionnelles.
En utilisant des branches fraîches de sapin, des baies de houx, des pommes de pin et des rubans colorés, on recrée un lien avec la nature et les anciennes croyances.
Les versions modernes intègrent parfois des plantes aromatiques comme l’eucalyptus ou le thym.
Ils apportent une touche d’originalité et de parfum subtil. Certaines familles aiment même recycler leurs couronnes d’une année sur l’autre, en changeant simplement les éléments décoratifs.

Les plantes oubliées des fêtes Noël
Mais toutes les plantes n’ont pas eu la chance de traverser les siècles. Parmi celles qui ont été éclipsées par le houx, le gui ou le sapin, on trouve :
- Le lierre : cette plante grimpante symbolisait autrefois la persistance de la vie. Dans les traditions païennes, elle était associée à la fertilité et souvent utilisée aux côtés du houx. Mais elle a été peu à peu reléguée au second plan, probablement parce qu’elle n’est pas aussi spectaculaire.
- Le romarin : cette herbe aromatique, utilisée au Moyen Âge, servait à parfumer les maisons et à purifier l’air. Sa symbolique était aussi très forte : le romarin était censé favoriser la paix et la prospérité.
- La verveine odorante : utilisée pour embaumer les maisons pendant les festivités, elle symbolisait la paix et la tranquillité. Mais avec l’arrivée des bougies et des encens modernes, elle a disparu des traditions.
Quand les plantes des fêtes de Noël racontent notre histoire
En parcourant ces traditions, on réalise que les plantes d’hiver ne sont pas juste décoratives. Elles sont porteuses d’histoires, de légendes et de symboles qui traversent les époques. Que vous accrochiez du houx à votre porte, ou que vous admiriez votre sapin scintillant, vous participez à des rituels qui unissent les cultures.
Alors, la prochaine fois que vous croisez une branche de gui ou un poinsettia, au moment des fêtes de Noël, prenez un moment pour penser à ces récits fascinants. Les plantes d’hiver ne sont pas juste des accessoires de saison : elles sont des témoins silencieux de notre lien avec la nature. Et si elles pouvaient parler, elles auraient certainement des tas de secrets à révéler.
En attendant, à vous de jouer. Que ce soit en plantant, en décorant laissez les plantes d’hiver transformer votre saison froide en un moment de magie végétale.
Et surtout, embrassez qui vous voulez sous le gui – mais demandez lui son consentement avant, hein !


